De nouveaux mockup pour GNOME sur téléphone.

Rédigé par Kazhnuz -

La compagnie Purism travaille depuis un moment déjà sur le Librem 5, un projet de téléphone portable libre tournant sous GNU/Linux. Le Librem 5 à une particularité, celle de vouloir proposer comme interface principale GNOME, avec comme alternative possible KDE Plasma Mobile ou la version d'Ubuntu Phone maintenu désormais par la communauté UBPorts. Cette interface n'utilisera pas GNOME Shell, mais Phosh, une interface spécialisé pour le mobile développé à l'aide des technologies GTK et wlroots

À la GUADEC, Tobias Bernard, designer pour GNOME et travaillant chez Purism, nous a proposé une conférence sur le travail qui est fait sur le design des applications et de l'interface principale. IL a rendu les slides de sa conférence accessible sur un dépot github. Attention, je ne sais pas à quel point ce travail est terminé, c'est peut-être encore du WIP. C'est cependant des concepts très intéressant à observer.

Tout d'abord, pour les applications, nous pouvions déjà trouver une image de présentation des applications sur le wiki GNOME (sur la page parlant du projet de déplacer les menus d'applications, accessible sur la barre du haut de l'écran) :

Image des applications sur le Librem 5

En plus du travail fait par Adrien Plazza sur les applications en deux parties, nous pouvons remarquer un travail fait pour les applications ayant trop d'élément sur la HeaderBar (la barre de titre fusionnée des applications GNOME). Le but est alors de déplacer le contenu en trop de cette HeaderBar vers une barre situé en bas de l'écran, à la manière de certaines applications Android. Ce travail a déjà été effectué sur Epiphany (GNOME Web), comme vous pouvez le voir dans cette requette d'ajout de code sur le gitlab officiel de GNOME. Je vois un second intérêt à ce choix en plus de celui de faire tenir l'application dans un plus petit espace, il y a celui de rendre plus accessible certaines commandes importantes de l'application au pouce.

En plus de cela, Tobias Bernard à également montré des mock-ups intéressant de l'interface mobile du Librem5, présente sur le diaporama présenté plus haut.

La première présente une "interface minimale viable"

Interface minimale viable

Le second n'indique pas trop ce que c'est, mais je peux supposer que c'est l'objectif "plus tard" du Librem5

Interface "finale"

On note une très grande proximité avec GNOME, avec une barre de haut très proche de celle de GNOME, avec juste en moins le menu d'application - qui sera aussi retiré de GNOME - et le menu "Activité". Ce dernier est remplacé par une barre en bas, avec une flêche vers le haut. Celle ci active un menu proche du menu activité, mais plus adapté au mobile : La taille des image des fenêtre d'applications actives est maximisée, offrant plus de visiblité, et un bout de l'écran de liste d'application est déjà visible, offrant plus la possibilité à l'utilisateur de voir comment y accéder.

On note également que cette présence de la liste des applications qui se déplace pour prendre toute la place ensuite fait partie du projet d'utiliser plus un modèle spatial et des animations sémantiques pour le projet GNOME.

Même s'il y a encore du travail pour implémenter tout cela, c'est intéressant de voir l'avancée en terme de design du projet :)

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La TIC-80, une console fictive libre

Rédigé par Kazhnuz -

La Pico-8 est sûrement la plus connue des "consoles fictives", ces programmes informatique ayant pour but d'être des plateformes de développement de petits jeux, avec des limitations techniques souvent inspirés des consoles rétro. L'intérêt principale de ce genre de console, et notamment de la pico-8 est d'offrir une spécification rétro et des outils dédié de développement (utilisant notamment le langage de programmation Lua, assez populaire pour sa simplicité), permettant à des amateurs de créer des petits jeux sympathique assez facilement.

Si la Pico-8 est très apprécié et possède une communauté active, elle n'est cependant pas open-source, et le kit de développement (et logiciel pour y jouer autrement que sur le web) est payant. Même si une tentative est faite d'offrir un lanceur compatible open-source avec le projet PicoLove (mais qui ne fournira pas les outils de développement : pour créer des jeux pico-8 il vous faudra toujours acheter le kit de développement), je vais ici vous parler d'une tentative d'alternative : la TIC-80.

La TIC-80 est donc un clone de la PICO-8, libre et open-source, disponible sur les plateformes Windows, OS X, Linux et HTML5. Comme son modèle, elle propose un certain nombre de limitation pour les jeux, limitations que voici :

  • Affichage : 240×136 pixels, palette de 16 couleurs
  • Controlleurs : 2 manettes de 8 boutons, souris
  • Sprites : 256 sprites d'avant-plan 8×8 pixels, et 256 tuiles d'arrière-plan de 8×8 pixel
  • Carte : 240×136 cases, ce qui fait une taille de 1920×1088 pixel.
  • Son : 4 canaux.
  • Code : 64 KB de Lua, Moonscript ou Javascript.

Par rapport à la Pico-8, on peut remarquer que plus de langages de programmations sont supportés. Au niveaux des jeux fait avec, on peut remarquer la présence de bien moins de jeux, et que la console HTML5 semble plus lagguer que la Pico-8.

Cependant, la TIC-80 reste un projet intéressant, et un moyen sympathique d'apprendre à programmer un jeu. Ce qui serait particulièrement intéressant pour moi serait que des runners de consoles fictives soient ajouté à des projets de méta-émulateurs tel libretro, cela permettrait à ces consoles d'être mieux connues et à plus profiter des projet qu'on peut y trouver.

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La Fondation GNOME propose maintenant des postes payés.

Rédigé par Kazhnuz -

Depuis ce matin à commencé la GUADEC, la conférence anuelle européenne des utilisateurs et développeur du projet GNOME, le projet d'environnement de bureau libre. C'est souvent le moment où des annonces sont faits sur ce qui est à venir, et des bilans de ce qui ont été fait.

Ce premier jour, il y a eut des conférences sur les performances de GNOME Shell - le composant s'occupant d'afficher l'interface du bureau, sur la transition vers GNOME Shell d'Ubuntu, sur GTK4, sur comment faire des interfaces pour téléphone avec GTK… et pleins d'autres sujets que je vous laisse découvrir sur l'emploi du temps !

Ici, j'aimerais parlé surtout d'une conférence, par Rosanna Yuen : « GNOME Foundation: Looking into the Future ». Je n'ai pas vu cette conférence, mais deux annonces particulière y ont retenu mon attention : les projets de la fondation avec la promesse de donation d'un millions de dollar, mais également des offres d'emploi chez GNOME.

Pour le premier, je rappelle qu'un don (le donnateur est gardé anonyme) avait été promis d'un million de dollar, afin de permettre l'évolution de la fondation GNOME. Ce que la Fondation projete de faire avec cet argent a été révélé dans une slide de cette conférence :

  • Améliorer les opération de la fondation GNOME.

  • Diriger de meilleurs levée de fonds

  • Centraliser et améliorer les processus de contribution au projet GNOME

  • Lancer le projet pour faire qu'il soit autonome sur une plus grande échelle.

En effet, dans cette conférence a été remarqué le besoin d'évolution de la fondation face à ses challenges, qui avait eut un certain conservatisme dans la gestion de ses finances, des difficultés à garder les donateurs et des changements rapide dans le bureau. Traditionnellement, la fondation à surtout eut pour rôle de fournir une infrastructure et un cadre légal au projet, tandis que c'était surtout les sponsors qui finançaient directement le développement (ainsi que des projets de stages tels le Google Summer of Code).

Le fait d'utiliser cet argent pour aider à faire en sorte que la fondation ait une plus grande facilité à faire évoluer le projet - et donc que le projet ne soit pas uniquement dépendant de ses sponsors - est à mon opinion une très bonne chose. En effet, même si je suis très reconnaissant envers les sponsors du projet GNOME, je pense qu'il est aussi important que la fondation ait une part d'autonomie, et puisse influer sur l'évolution du projet qu'elle soutient.

Ce n'est pas la première fois que la fondation montre cette volonté cette année, puisqu'elle a aussi proposé des stages dédiés à des questions de sécurités.

Parmi les volontés qui m'intéresse le plus, il y a toute amélioration possible au processus de contribution à GNOME. Si les choses se sont déjà bien amélioré avec le pasage à Gitlab et des projets tels que GNOME-Builder et l'utilisation de flatpak, il y a encore des possibilités d'améliorer cela.

Et pour aider à cet objectif, la fondation propose aussi des emplois, qui seront donc directement payé par la Fondation et non par des entreprises externes. Parmi ces emplois, il y a :

  • Un⋅e coordinateur⋅rice du développement, qui s'occupera de lever les fonds et de diriger les plan de développement de la Fondation.

  • Un⋅e coordinateur⋅rice de programme qui planifiera et organisera les programmes et les activités (GUADEC, Libre Application Summit, GNOME.Asia, hackfest…) de GNOME

  • Un⋅e DevOps / SysAdmin qui s'occupera de gérer l'administration (avec l'équipe administratrice systeme existente) des infrastructure internet du projet.

  • Un⋅e développeur⋅euse cœur pour GTK qui s'occupera d'un certain nombre de tâche de développement et d'administration pour la boite à outil graphique GTK.

Ces postes sont prévu initialement pour 1 an, avec pour objectif d'en faire des positions permanente si les financements le permettent.

Les raisons pourquoi cela me rend content sont double :

Premièrement, c'est un moyen de permettre à plus de développeur⋅euses de pouvoir vivre du logiciel libre, et c'est une bonne chose. C'est tout bête, mais les developpeur⋅euse⋅s de logiciel libre et open-source ont aussi besoin de se nourir, vivre, etc. Et c'est donc pour moi important pour elleux d'avoir des offres diverses. C'est donc une bonne chose pour les devs du projet GNOME d'avoir plus de possibilités d'emplois. Ce projet, c'est donc plus de développeurs qui vont pouvoir vivre de leur passion.

Secondement, parce que j'espère que cela va offrir au projet GNOME de nouvelles possibilités d'évolutions. Si je trouve que le projet GNOME à eut des tas d'évolutions sympa ces dernières années (par exemple Gilab, Flatpak et Flathub, divers projets, et pleins d'autres trucs que j'oublie), je pense que ce genre d'initiative devrait permettre au projet GNOME de pouvoir plus facilement évoluer, lancer des initiatives, etc. Notamment si tout un travail est fait autour de la coordination, cela pourrait permettre plus de collaboration entre les différents modules du projet.

Bref, j'ai hâte et je suis très curieux de voir ce que vont permettre ces évolutions, et je souhaite tout le courage à tout⋅e⋅s celleux concerné⋅e⋅s.

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Aux US c'est la neutralité du net, en Europe les liens ?

Rédigé par Kazhnuz -

Je crois qu'il n'y a pas de complot dans le monde, mais des épidémies de foutage de gueule massives (on commence dans la subtilité et la bonne humeur). Pendant qu'aux US c'est la neutralité du net qui a été attaquée, en Europe des lobby veulent "tout simplement" s'attaquer aux liens hypertexte, base du web. À la base de cette nouvelle ? Cette lettre ouverte, même si elle n'est pas trop ouverte non plus puisqu'il faut être abonné du monde.

Grossomodo, qu'est-ce que veulent les lobby journalistiques ? C'est assez simple : ils estiment qu'en tant que producteur d'un contenu qui est "utilisé" par des plateformes qui font des liens vers eux, ils leur "fournissent du contenu" et qu'ils devraient donc recevoir du fric pour chaque lien entrant vers eux. Son idée est qu'en matière d'information, la gratuité est un mythe (c'est pas faux), et que leur créateurs paie pour un contenue que des plateforme en ligne utilise ensuite. Ils visent notamment FB et Google, mais dans cette attaque qu'on pourrait croire juste dirigée envers les GAFAMs, c'est à la libre création de liens sur internet qui s'attaque, et c'est un peu génant parce que c'est une des bases du web.

L'article de Julia Reda sur le sujet explique très bien à quel point c'est dangereux de s'attaquer aux liens parce que c'est une des bases du web, et je ne pourrais trop vous recommander de le lire.

Le web, c'est une interconnection de différentes pages, site et services entre eux, à travers cet outil fondamental qui est le liens hypertexte. Le Web, ce n'est en fin de compte qu'une série de page avec plus ou moins d'interactivité, avec des liens fait entre ces pages. Tuer ce lien, c'est donc s'attaquer à tout un modèle d'accès à l'info, où plus précisément de partage de source d'accès à l'info.

En effet, l'accès gratuit à l'information, il est pas fait par les plateforme qui font des liens. Ce n'est pas google qui a rendu gratuit les journaux en ligne, ce sont les journaux en ligne eux-même. Je veux dire, on se calme les gens, Google à fait assez de merde pour pas qu'on en rajoute d'autres :'D. Ce que font ces plateforme (et aussi bien des GAFAMs que des services libres et open-source tels que Searx, Diaspora*, Mastodon…), en mettant un lien n'est pas "mettre à disposition du contenu", c'est indiqué où ce contenu peut-être trouvé sur internet.

D'ailleurs, on peut faire remarquer que le Monde, en publisant ce texte sous forme de texte qui ne peut être lu qu'en payant trouve cela : cela montre que si on ne met pas le texte à disposition, ce ne sont pas les moteurs de recherche et les réseaux sociaux qui le feront.

Julia Reda cite dans son article Prof. Höppner, avocat des éditeurs allemands lors d’une affaire contre Facebook et Google, qui indique bien quel est le but d'un tel projet :

Ceci est un droit à la prohibition. C’est un droit qui permet de s’assurer qu’il n’y a pas de plateformes qui apparaissent n’importe où, n’importe quand, exploitent des contenus publiés ailleurs et basent là-dessus leur modèle commercial. Le but premier et principal est d’empêcher ces exploitations commerciales – purement et simplement, d’empêcher leur existence.

En visant le lien, dans ce but assumer, c'est donc une attaque contre les principes même du web qui sont fait, au nom d'une volonté de contrôler même la mise à disposition du chemin pour aller vers le contenu.

Maintenant, on peut se poser la question pragmatique : quel serait les effets d'une telle loi ?

Tout d'abord, cette attaque contre les liens pourrait provoquer une isolations des différents services entre eux, et le fait de rendre plus difficile la capacité à commenter, discuter d'un article, d'autant plus quand le but avoué est de pouvoir tuer les modèles économiques basés sur les liens (ou en tout cas de les faire raquer).

Ensuite, ce serait un acte mauvais pour les médias eux-même. Parce que bon, si les plateforme de diffusion décident de pas payer, et bloquent les médias concernés, je pense que ce serait eux qui vont souffrir le plus, pas lesdites plateformes. Je veux dire, si demain, plus aucun lien extérieur ne redirige vers Le Monde, ou Le Figaro, ou n'importe quel autre média, les média concernés vont perdre des tas de lecteurs, et surtout d'autres médias vont en profiter pour prendre la place. Cette volonté isolationniste est une mauvaise idée pour les média aussi, voir pour eux en premier.

J'ai déjà dit dans mon coup de gueule sur les événements qui s'étaient produit autour de la Neutralité du Net que j'avais peur de voir dans le monde d'internet des situations proches de celles du monde du multimédia, avec des trusts qui veulent controler tout les étages de la production. Et j'admet que je me demande si cela ne pourrait pas arriver que dans un tel cas, les Géants du Web ne deviendraient pas intéressé pour financer leurs propres groupes de presses… Et franchement je pense que ce ne serait pas bon, et que cela provoquerait des risques assez énorme niveau hyper-centralisation. (Et je parie que certains signataire de la lettre ouverte seraient les premiers à critiquer cette concurrence déloyal… :') Non pas qu'ils en auraient tors, mais il y aurait un aspect "arroseur arrosé" presque digne d'un vieux cartoon. )

Je pense que cela risquerait encore une fois d'amplifier le phénomène de centralisation des médias, qui existe déjà. Ce serait également un gros soucis pour pleins de petits sites qui n'ont pas la puissance financière d'un FB et tout. Et un dernier soucis que je vois, c'est pour pas mal de "petits journaux" qui risqueraient de raquer si les GAFAMs décident de bloquer tous les média plus "traditionnels" sans discernement, parce qu'ils pourront bien plus difficilement être découvert et diffuser à leur communauté.

Bref, je pense que c'est une bien belle connerie, et qui pourrait donner des résultats assez catastrophiques.

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Neutralité du Net, petite mise au point

Rédigé par Kazhnuz -

Note : Cet article est une refonte d'un thread que j'ai fait il y a de cela un moment, il n'y aura pas grand chose de plus que ce que j'ai dit, donc vous pouvez skipper entièrement cet article si vous avez lu le thread :)

J'ai vu pleins de thread sur twitter sur le vote contre la Neutralité du Net, une des plus anciennes règles d'internet, qui avait été mise sous forme de loi en 2015 par l'administration d'Obama. Du coup, je fais cet article pour vulgariser un peu la question. Le but n'est pas de faire une explication 100% exacte d'un point de vue technique, mais de vulgariser les enjeux de la question. Je tiens à préciser que c'est une version article d'un thread twitter que j'ai fait sur le sujet, ce qui fait que cela pourra peut-être vous sembler un peu redondant, mais j'essaie de mieux expliquer et de mieux m'exprimer sur certains aspects qui étaient toujours un peu flou.

Tout d'abord, qu'est-ce que la neutralité du net ? C'est un concept assez simple, l'idée qu'un opérateur, un fournisseur d'accès à Internet ne peut pas traiter un flux de donnée différemment d'un autre. Un paquet d'information venant de twitter doit être traité de la même manière qu'un paquet venant de FB, etc. Un opérateur ne peut donc pas faire qu'un flux de donnée venant de youtube soit plus rapide qu'un autre venant de dailymotion, ni même qu'un petit sytème de vidéo sur le site perso de Jean-Canard.

Cela ne veut pas dire que y'aura aucune différence de vitesse dans les faits entre les différents sites, cependant, puisque la vitesse d'une connection n'est pas dûe qu'à notre opérateur, y'a aussi le nombre de serveur, la puissance desdits serveurs, s'il y en a proche de chez nous, etc… Cela veut dire qu'un FAI ne peut pas privilégier certain services à d'autres. Une étape suivante et encore pire est de carrément bloquer certains flux, et faire que seul quelques sites seraient disponibles, mais rien que bien brider le reste, c'est déjà une atteinte à la Neutralité du Net puisqu'il y a discrimination des flux.

La fin de la neutralité du net donne donc la possibilité à des opérateurs de mettre sur des débits différents certains services. Cela ne dit pas exactement ce qu'ils vont faire de cette possibilité, ni exactement qui ils vont faire payer pour avoir accès à un service sur un débit de meilleurs qualité. Une première possibilité est qu'ils feraient payer les utilisateurs finaux pour avoir accès à un service sur un haut débit, la seconde est qu'ils feraient payer le propriétaire du service pour que le service soit sur la ligne "rapide" chez eux. Les deux sont problématiques pour un internet libre, pour des raisons qu'on verra plus tard.

Ce que craignent principalement les défenseurs de la neutralité du net (moi compris), c'est un certains nombre de possibilités, pas forcément exclusives. - Un fractionnement des abonnements internet en "pack" - Une hausse des prix pour avoir un internet "complet". - Une minitelisation du net et une centralisation autour des gros services existant. - Plus de tentative chez les opérateurs et les gros services internet de s'influencer mutellement.

Les deux premières possibilités sont liées à l'idée que ce serait les utilisateurs finaux qui pairaient. Si cette crainte n'est pas l'unique crainte à avoir, je ne suis pas totalement d'accord avec ceux qui l'excluent : On est face à une dérégulation, et cette dérégulation ne dit pas comment sera modifié le paysage économique des opérateurs. Dire qu'ils vont forcément faire payer uniquement les propriétaire des services, ça me semble un peu rapide comme déclaration.

Le fractionnement d'internet en "pack", c'est l'idée d'avoir un pack "social" (twitter, fb…), un pack "vidéo" (youtube, dailymotion), etc. Un des gros soucis de cela est que ça détruirait le principe même d'internet et du web, c'est à dire cette possibilité de naviguer de lien en lien, d'aller d'un site à un autre. C'est ce qu'on voit déjà dans la fameuse affiche d'une compagnie mobile du Portugal, qui est un peu hors sujet cependant, puisque ce sont des ajouts au forfait data pour un certain nombre de service. Mais c'est la crainte qu'ont une partie des défenseurs, et je ne pense pas qu'elle soit strictement impossible. Je ne crois pas qu'ils "bloqueraient" purement et simplement le reste, mais qu'on pairait pour avoir ces services sur la bande rapide. Cela fractionnerait artificiellement ce qui est un gros réseaux interconnecté, et en ferait une sorte de "télé 2.0".

Internet n'est pas une série de services, mais un réseau qui connecte des machines et des personnes dans des modalités diverses. Un tel fractionnement abimerait fortement cela.

Le second soucis que provoquerait un tel fractionnement s'il arrivait, ce serait l'augmentation des prix que cela pourrait causer. Parce qu'à force de devoir ajouter des "pack" à son offre de base, on se retrouvera avec un choix entre un internet bridé, où un internet cher. En résulterait du coup une situation où ce serait encore une fois les personnes les moins riches qui seraient les plus affectées, et la création d'un internet à deux vitesse.

Ces deux soucis arriveraient surtout dans le cas où ce serait l'utilisateurs final qui devrait payer pour avoir une bande passante haute pour certains services. Cependant, le dernier soucis dont je vais parler, et qui selon moi est le plus grave est celui de la Minitelisation du Net. La minitelisation du net, c'est cette centralisation progressive d'internet (surtout du web, mais aujourd'hui une majeure partie de nos interactions avec internet sont par le web) autour de ces gros services majeurs. C'est un processus qui existe déjà, malgré les tentatives de contrecarrer cela : il est déjà difficile de lutter contre les GAFAMs, ou Géant du Web. S'il est possible de s'en passer en partie et totalement, ils sont devenu une majeure partie de la consommation sur internet.

L'aventage de la neutralité du net, c'est qu'un petit service est tout aussi bien loti qu'un gros service au niveau du transit de ses données, et je dirais même que dû à ça, un gros service coute plus cher puisqu'il faut les data-center, la consommation énergétique, tandis qu'un petit service que j'héberge par moi même me coute moins. La fin de la neutralité du net pourrait provoquer un déséquilibre, et je doute qu'il serait prompt à aider les plus petit.

Si c'est l'utilisateur final qui a a payer, on peut craindre que les propositions de meilleur débit soit surtout offert pour les services qui ont déjà du monde dessus. Les sites qui vont le plus souffrir de la fin de la Neutralité du Net seront surtout les petits sites et services, ceux qui n'ont pas derrière une puissance financière pour faire des accords avec les opérateurs internet, et du coup être compris dans leurs abonnement.

Cependant, ce serait encore plus fort encore pire si le but est de faire pour les opérateurs une source de revenu des deux côtés, avec l'idée qu'ils feraient aussi payer les sites pour avoir accès à une meilleur bande passante. L'idée souvent émise est qu'il y aurait plusieurs niveaux de débits, plus où moins élevé. Encore une fois, ce serait ceux qui auraient la puissance financière de faire des accords qui auraient le plus de chance d'être sur les meilleurs débits. Parce que pour un petit concurrent à ces sites, ce serait un plus gros coût sur leur chiffre d'affaire de payer tout ça. C'est plus simple pour Netflix/Youtube de payer un tel coût en plus que pour un petit concurrent qui arrive sur le marché qui en aura pourtant aussi besoin. Surtout quand on peut voir que des géants du web paie pour le fait de poser des nouveaux câbles sous-marin et tout.

C'est pour ça que je rigole un peu à l'argument "ouais mais la neutralité du Net, les GAFAMs veulent ça donc cépabien" : lesdits GAFAMs seront ceux qui vont être le moins affectés négativement dans toute cette affaire, et je pense que ça renforcera même la centralisation autour d'eux, pour les raisons cités plus haut. Les petits services/sites risquent fortement d'être ceux qui seront le plus souvent bridés, et qui donc en plus des soucis qu'ils ont déjà dû au fait d'être moins utilisé (moins d'argent pour se développer, moins d'utilisateurs donc moins d'attrait), ils risqueraient aussi d'avoir un défaut en plus sur la liste : "il sont moins rapide". Ce serait un coups dur, à une époque où on est beaucoup à vouloir redécentraliser internet (comme en témoigne des projets de Framasoft tels que les campagnes #DégooglisonsInternet, #Contributopia ou les #CHATONS).

Bref, la nature "anti-monopole" du truc je n'y crois absolument pas du tout. Pareil pour l'idée que cela briserait les monopoles actuels dans le monde des fournisseurs d'accès à Internet. Je pense que même si les "géants du web" veulent payer pour aller sur la bande forte, et n'y vont pas au forcing, ils paieront surtout pour les plus gros, avec le plus d'utilisateurs et puis basta. D'autant plus que pour les FAI, avoir l'argument "FB est plus rapide" lors offrira plus d'utilisateurs. Et je pense qu'il y a un dernier risque : celui que les gafam s'insinue trop dans l'aspect FAI et l'inverse.

Je pense également que la Neutralité du Net est aussi une des choses qui empêche d'avoir trop des situations de tentative de produire des situations de connivence entre acteurs, avec des grands services sur internet voulant racheter des opérateurs, où l'inverse. C'est dans un tel situation que ça deviendrait le plus problématique, avec la possibilité de plus aider les services d'une même société-mère. Pour l'instant, on en est pas là, mais ce genre de situation font partie de ce dont nous protège la Neutralité du Net, il faut bien s'en rendre compte.

Le but de se post n'est pas de prédire "ce qui va arriver", c'est d'indiquer du genre de cas de figure dont nous protège la neutralité du net : la neutralité du net sépare d'un coté les opérateurs et de l'autre les grands services internet. S'il est juste qu'il n'est pas facile d'être un opérateur internet, c'est ce qui nous empêche d'avoir des situations telles que celles des ventes liées dans le domaine des systèmes d'exploitation (ou on se retrouve face à des grands monopoles), où du multimédia où c'est parfois l’entièreté de la chaîne de production allant de la création d'une œuvre à sa diffusion qui peut appartenir à un même groupe. Ici, on a une partie, celle la plus proche de nous qui se doit d'avoir un peu de recul avec les producteurs de contenus puisqu'ils doivent traiter chaque paquet internet de manière égale.

On parle aussi de tous les risques d'utilisations partisane de la situation, avec le fait de vouloir offrir plus de visibilité à certains type d'idée et de bloquer plus souvent les messages qui ne plairaient pas à la classe politique. Personellement, je pense que les influences directement par la classe politique n'est pas le seul risque "politique" de cela (ni même le premier) : aucun service ni algorithme n'est "neutre" politiquement et comporte une certaine vision du monde qui peut influencer (voir l'histoire du mode "restreint" de youtube qui bloquait des vidéo de gens lgbt), et rien que créer cette situation de déséquilibre est un risque. D'autant plus que ces algorithme peuvent être utilisé pour influencé, en démontre des tas de choses qui ont été remarqué lors de l’élection de Donald Trump.

On peut imaginer que face à tout ces problèmes, les fournisseurs d'accès à internet alternatifs vont petit à petit se développer. et gagner en importance. Mais je crains qu'au moins au début, ils seront surtout utilisés par ceux qui connaissent, qui savent où en trouver…

Bref, la fin de la Neutralité du Net serait une situation extrèmement problématique, et qui pour moi pourrait avoir un certain nombre de conséquence et pour les acteurs sur internet qui subirait un déséquilibre qui poserait encore une fois plus de soucis aux petits acteurs, aux communautés (notamment celles qui produisent des outils décentralisés et libre), mais aussi pour les utilisateurs finaux, qui perdrait une partie du potentiel de découverte qu'offre internet à cause d'une telle situation. Cependant, il ne faut pas croire que la fin de la Neutralité du Net serait l'unique chose qui provoque de tels problèmes. Si une partie des problèmes causé par la fin de la Neutralité du Net seraient propre à cette situation, la centralisation d'Internet est un processus qui existe déjà, et qui ne ferait qu'empire.

C'est pour ça que je pense que pour lutter, il faut mener une véritable lutte contre le cœur du problème, et se demander ce qu'est Internet. Qu'est ce qu'il est supposer nous apporté. Est-ce une télévision 2.0 avec comme "chaine" Facebook, Twitter, etc ? Est-ce un réseau global ? Doit-il être libre, doit-il être composé de plateforme fermée ? Tout cela est pourquoi je pense qu'un bon moyen d'aider est de se renseigner un peu sur les alternatives au modèle centralisateur : les CHATONS, les projets de Framasoft, les FAI alternatifs…

Pour vous renseigner, je peux vous proposer quelques liens, pour découvrir et en apprendre plus

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