Construire un hub de fandom

45 minutes

Parlons un peu de comment créer des espaces de discussions importants dans les fandoms

Je suis dans les fandoms depuis un moment, je dirais depuis au moins 20 ans. J’aime particulièrement ces endroits, ce sont des endroits où on peut parler de sujets qui nous sont cher, où parfois on peut s’échapper un peu de la cruauté du monde.

J’ai déjà grandement parlé de ce sujets sur mon site personnel notamment sur les soucis qui peuvent exister dans les fandoms et comment construire des fandoms plus ouverts. J’ai participé et contribué à quelques gros fansites (par exemple planète-sonic), des forums RPs, des fan-commus Discord ou forum, etc. J’ai également depuis quelques temps fait quelques expérimentations de constructions de fansite plus petit, et me suis intéressæ beaucoup aux petits fansites. Je suis également à la source de plusieurs fansites, dont Pokémon Missing Number, un fansite pokémon orienté 1G/2G francophone, inspiré de Blue Moon Falls, Glitch City et PRAMA Initiative.

J’ai tendance à voir les fandoms comme des lieux. Et force est de constaté qu’elle est très dispersée aujourd’hui, et que les fansites et forums ont un peu été délaissé au profit d’un usage plus centré autour d’influençaire (chaines youtubes, etc).

D’où l’importance je trouve de créer des hubs, des espaces où les fans peuvent se retrouver, en toute sécurité (à la fois physique et émotionnelle), se rencontrer même, et travailler ensemble. Quel sont les soucis que l’on peut rencontrer ? Quels types d’espaces existent-ils ? Et quelles sont les règles d’or potentielles à suivre pour réussir à créer de tels espace. Pour répondre à cette question, je vais procéder en plusieurs parties :

  • On va commencer par faire une présentation générale des fandoms
  • Après, on va faire un tour des types d’espaces de fans qui existent, et tenter de préciser un peu le vocabulaire qui sera employé.
  • Ensuite, on va se pencher sur les gros fansites, et sur les soucis et challenges qu’ils peuvent rencontrer
  • Après cela, on va se pencher sur les petits espaces, et leurs propres challenges et difficultés
  • Pour finir, on va se poser la question : comment créer un hub, et comment concilier les différents types d’espaces qui existent.

De plus, je tiens à dire que rien de tout cela sera des attaques envers les fansites présents. Il s’agit de réflexions sur les soucis pouvant arriver, pour pouvoir les identifier et les éviter. Mon but n’est pas de dire “ah Pokémon-MachinTruc ce sont des tarbas là” ou “Zelda-Bidule faut les cancel”, non. Je tiens à préciser cela, parce que j’ai rendu public il y a quelques temps mon départ d’un des plus gros sites Sonic francophones, et du coup je préférerais éviter que mon discours ne soit vu qu’au prisme de ce genre de chose.

À noter que malgré ça, mes exemples viendront pas mal du fandom Sonic, parce que bah euh c’est celui que je connais le plus.

Présentation général des fandoms

Les fandoms sont l’espace formé par l’ensemble des interactions entre fans de quelques chose (que l’on appelle alors la fanbase). Souvent, quand on pense fandom, on pense aux fans d’un univers fictif en particulier, et tout particulièrement des grosses franchises de pop-cultures de nos jours (Pokémon, Sonic, Marvel, Star Wars), mais ça peut être plus générique, y’a un fandom de la science fiction, et la communauté furry est un fandom.

Le fandom est donc avant tout un domaine formé par le fait d’apprécier quelque chose, d’être en commun, et c’est un peu ce qui va relier tout les fan-espaces qui existent sur internet. Ce sont des espaces pour partager une passion. Quelque chose qui n’est pas forcément “important”, mais qui nous apporte du plaisir et des bons moments.

Au fond, tout espace où des fans interagissent entre eux à propose de ce dont ils sont fan est un fan-espace. Ce sont des lieux qui ont leur aventages (tel qu’être des espaces de sociabilité notamment pour pas mal de personnes neuroatypiques), mais aussi des lieux qui peuvent parfois avoir leur soucis (mauvais comportements, élitismes), ce dont j’avais parlé dans les deux articles cités plus hauts.

Ici cependant, au lieu de me questionner sur la modération de ces espaces, et sur comment créer une bonne culture de fans, je vais me questionner plus sur la typologie des espaces, et sur ce qu’on peut en tirer.

Une impression très courante qu’on a eut ces dernières années est double :

  • D’un côté, les fans auraient “gagnés”, seraient devenu la force dominante dans la société, influençant les séries, parfois de manière trop forte.
  • De l’autre, les fans-sites sont vu comme quelque chose en voie de disparitions, qui seraient remplacés un peu par les réseaux sociaux.

Les deux ensembles dépeigne une nouvelle façon de voir les fandoms, où plutôt qu’être des espaces un peu spécialisés, la fanbase serait sur twitter, et où on a tendance à la voir comme parlant d’une voix. En vrai, quand on parle des fandoms aujourd’hui, c’est surtout pour dire qu’ils ne sont “pas content d’un truc”, alors que ce sont des espaces assez riche. Et c’est ici ce que j’aimerais faire, parler de la diversité des fan-espaces.

Types de fan-espaces

J’utilise le terme “fan-espaces” pour designer de manière générique tout les types d’espaces internets créé par et pour les fans.

Si à une époque, c’était surtout des fansites et/ou forum, aujourd’hui je pense qu’il y a une grande diversité, et ce sera ma thèse : les fandoms sont très diversifié, et souvent on n’en entends qu’une seule voix.

Fansites

Tout d’abord, j’aimerais parler des fansites. Il existe plusieurs types de fansites, et ils peuvent remplir plusieurs types de rôles différents.

  • Les fansites institutionnels sont souvent des fansites qui font un peu tout : encyclopédies conçues par une rédaction, création de news, d’articles d’opinions. Parmis des exemples français, y’a Planète-Sonic, Sonic Online, le Palais de Zelda, Puissance-Zelda, Pokébip, Eternia…
  • Les petits fansites souvent sont assez diversifié, et peuvent prendre des formes assez variées. Généralement, ils vont se spécialiser plus dans un domaine, ou sur un sujet. Un exemple que je reprend souvent est Blue Moon Falls.
    • Les blogs de fans sont des créations plus personnelles, qui rentrent dans la catégorie des petits fansites, mais souvent ils ont cette vision de soit pas être 100% centré sur la licence, mais c’est le blog de quelqu’un qui est fans de la licence. Parfois, cependant ils le sont. Souvent, ils ont un côté plus personnel que les grands fansites, se permettant plus de points d’opinions.
  • Les wiki sont peut-être l’une des formes les plus importantes et influantes des fansites, au point où ils dépassent souvent les fansites institutionnels en tant que référence, surtout quand ils ont une grosse communauté derrière. Ils sont souvent fait de manière plus décentralisé, même si une grosses parties dépendent de la plateforme Fandoms, qui possède pas mal de soucis.

Je pense qu’il y a une importance à cette diversité de format, et qu’elle participe à l’enrichissement des discours autour du sujet du fandom. Ces sites sont souvent un peu des endroits que l’on consulte, plus que des espaces de sociabilisation, même si la majorité des wiki contiennent aussi de la discussion intégrée, et que bien des sites viennent avec leur communauté.

Vidéastes et stream

Un autre type de personnes ayant gagné en importance et fédérant des communautés autour d’elleux sont désormais les vidéaste et streamer. Dans la communauté Sonic, on appelle cela les Sonictuber et c’est giga cheesy, comme la série dans son ensemble. Y’en a aussi sur tiktok, mais je connais bien moins.

C’est d’autant plus augmenté par la mode des vidéo essais de ces dernières années, venant pas mal des youtubeur⋅euses un peu de gauche US (surnommés parfois de manière hâtive les “breadtubers”, même si en fait iels n’ont pas d’organisation centralisées, c’est plus un hasard fructueux). Cela forme une bonne partie de ce que consomme les communautés de fandoms (avec le soucis que parfois c’est infiltré par des grifteurs qui utilisent les communautés pour se faire de l’argent en poussant des vidéos appellant à la colère et tout, pour faire de l’audimat, d’où l’importance de garder son esprit critique).

Dans la communauté FR, le youtubeur Sonic le plus connus est Veyle, et dans la communauté anglophone, il y en a pas mal. Pour les streameur⋅euses, souvent ça se double un peu de discussion, puisque Twitch et Youtube possèdent des chats sur le stream. S’il existe des exceptions, les streamers et chaines youtubes se rapprochent souvent plus des “petits” sites web dans le sens où beaucoup n’ont pas d’équipe derrière.

Espaces de discussions

Les espaces de discussions sont là où pour moi se fait une grande partie de la vie du fandom en elle-même, parce que c’est là où nous parlons entre nous.

  • On y retrouve évidemment les réseaux sociaux, qui comme dit plus haut ont gagné fortement en importance dans les fandoms. Certains ont historiquement une orientation fandom, tumblr étant notamment connu pour avoir été le coeur de plusieurs fandoms, en particulier ceux autour de séries.
  • Les canaux de discussions instantanées, et notamment aujourd’hui Discord. Ce sont des espaces de discussions souvent très rapide, éphémère, ce qui n’est pas sans soucis.
  • Les forums, contrairement à ce qu’on pense, n’ont pas disparu ! L’un des plus célèbre dans la communauté Sonic est Sonic Stadium… et une grande partie des forums sont aujourd’hui sur la plateforme Reddit, qui est la plus grande plateforme de Forum, et souvent l’une des grosse plateforme de fandom avec Fandoms (duh) et Discord.

Ces espaces sont pour moi assez fondamentaux comme dit plus haut. C’est ici qu’on parle entre nous, ce sont les espaces qui servent à la sociabilisation des fans. C’est pour cela que ça m’embête un peu la manière dont ils sont aujourd’hui pas mal centralisé dans quelques plateformes. Cependant, certains forums résistent encore et toujours, et sont même plutôt vivant. Je pense même qu’avec l’enshittification progressive des plateformes, y’a tout intérêt à cultiver des plateformes autres, si jamais les choses tournent mal sur une plateforme. Discord est déjà juste le dernier d’une grande suite de plateforme, et ne couvre pas tout les besoins. Idem pour reddit, dont les algos n’est pas super adapté pour les très longues discussions, genre des threads qui reviennent longtemps, ce qui fait qu’on a pas mal de doublons et tout, c’est au final plus éphémère.

Il existe cependant aussi une autre différenciation, en taille de communauté. Tout comme il y a les gros et les petits fansites, il y a les grosse et petites communautés. Différentes personnes ont des besoins différents en termes de taille de communauté, d’ambiance et tout, et il n’y a pas de one-size-fit-all.

De plus, les espaces de discussions sont en trois gros types, formant un peu un “dégradé” :

  • Il y a les espaces de discussions qui supplémente un site, une équipe (planète-sonic est un exemple, le site est premier, et c’est à partir de ça qu’a été créé un Discord - originellement lié à tout hérisson bleu. Y’a un Discord Sonic Online aussi, par exemple, un Tails Channel, etc.
  • Il y a des espaces de discussions qui sont supplémenté par d’autres support. C’est à dire que l’endroit “premier” est l’espace de discussion, puis y’a un site. Sonic Stadium est devenu un peu ça, même si historiquement le site a été créé avant je pense, mais le site découle maintenant du forum.
  • Il y a des espace de discussion existant pour eux-même… Et pour ça vous pouvez voir une tripotée de plus petit serveur Discord Sonic, par exemple !

Et les trois auront des tenants et aboutissant différents, même si je pense que dans tout les cas, l’importance sera l’ouverture. Il faut que les membres de la communautés se sentent bien là ou iels sont, pour rester.

Les RP et les artistes

Tout les espaces de discussions ne sont pas fait cependant juste pour discuter de la série, et une partie sont dédiée au roleplay (ou “RP”) où à l’art créatif. J’ai baigné une partie de ma jeunesse dans le roleplay Sonic, sur des forums RP. Même si souvent j’étais plus læ pillier de chatbox mdr.

Le roleplay est quelque chose d’important dans les fandoms. Souvent, quand on est fan, on a un lien affectif avec l’univers, les personnages, et le roleplay est une activité qui prend alors encore plus de sens (outre le fait d’être juste amusant). Bien évidemment, tout le monde n’en fait pas, mais c’est plus que cela est typique des fandoms d’avoir des espaces de RP. Par exemple, quand on cherche Sonic sur disboard, on retrouve des tas d’espace RP, ce qui est cool.

Le RP est d’autant plus sympa je pense que parce que c’est un excellent moyen de stimuler la créativité, et cela fait écrire, se mettre dans la peau d’un personnage… C’est des espaces qui sont à la fois communauté et leur propre type d’espace spécifique, aussi, souvent ce sont des communautés un peu détachées des autres, souvent avec leur propre univers co-construit par les jouaires.

Et un autre type d’espace que j’adore sont les sites créatifs. Là encore ils touchent à une partie spécifique du fandom, c’est à dire ceux qui créer où regarde/écoute/etc de l’art. C’est une plateforme qui a gagné en présence et créativité ces dernières années. D’un côté, il y a les sites d’arts à proprement parlé, deviantART (qui a mal tourné hélas), son remplaçant sheezy.art, le site de jeu amateur Gamejolt, le site d’écriture Ao3 ou fanfiction.net, etc… mais aussi tout les autres médias où les créatif⋅ves partagent leur créations. Il y a quelques sites et plateformes spécialisées pour les fangames d’un fandom, tel que le Sonic Fangames HQ et la SAGE, ou alors côté mario la Mario Fan Games Galaxy.

Ces deux aspects sont important parce qu’ils rajoutent une vie au fandom en dehors des potentiels produits originaux. Je pense que pour une fan-communauté, être accueillante pour les créatifves est important.

Tout à la fois ?

Certains gros sites à noter peuvent avoir en supplément une équipe de streaming, des vidéos youtubes, des espaces de discussions… former tout un groupe de créataires sous une bannière. Planète-Sonic a historiquement eut cet aspect (l’a encore un peu avec ses stream), il y a eut dedans :

  • Le site, bien évidemment
  • Un forum de discussion puis un serveur discord
  • Des forum/discord de roleplay
  • Des podcasts et des vidéos youtube
  • Des streams
  • Et pas mal d’autres trucs !

Et tout cela a existé parce qu’on était intéressæs et avaient envie de faire ça. C’était vraiment un peu cet aspect do-ocracy, et je pense que c’est beaucoup ce qui va faire la force ou la faiblesse d’un site : la manière dont il encourage et réussi à accompagner les gens à faire ce qu’ils ont envie.

Ces sites notamment ont généralement du coup un côté fondamental, parce qu’ils deviennent des espaces centraux de la communauté. Mais quels sont du coup les aventages et inconvéniant de cet espace ? Quels sont les challenges aussi ?

Les gros espaces

Donc plusieurs fois dans la section précédante, j’ai parlé des gros ou petits fansites, et dans l’idée des fansites qui font tout, ils gagnent un aspect central. C’est du coup là où j’aimerais revenir sur les qualités et défauts qu’ont ces fansites.

Du coup, quels sont les aventages et les désaventages des gros fansites, des gros espaces de fans ? Pour cela, on va d’abord parler des aventages, puis de quelques challenges et difficultés que je vois dans la création de fansites. Pour moi, ces difficultés peuvent être divisé en plusieurs types :

  • Le financement
  • Les soucis structurels
  • La modération et gestion de communautés
  • La difficulté à maintenir la motivation

Les aventages

Les aventages peuvent se voir dans la partie précédante : un gros fansite, c’est potentiellement plus de monde, et plus de moyens humains pour faire des trucs.

C’était la grande force qu’avait PSo : on était à l’époque une équipe motivée et présente, qui a lancé des tas de formats et de projets. Cela nous permettait d’être présent sur des tas de sujets à la fois, et nos différentes discussions se nourrissaient entre elles. Mes posts de forums/discords avaient notamment parfois inspiré mon ami Izaky pour des vidéos, ou bien nous avons discuté en podcast de sujets, etc. Y’a eut la Sonic Extra Zone, qui est née des IRLs lancée par un des membres de PSo (puis ensuite c’est devenu son propre truc). J’avais aussi lancé les Sonic News Café, des sortes de newsletter francophones Sonic, que je reprendrais peut-être un jour (sous un autre nom). Le fait que dans ces sites on ai des plus grandes équipes, fait qu’on a plus de monde qui peuvent avoir envie de faire des trucs.

PSo a réussi aussi à financer ses propres IRLs, qui étaient organisées pour les fans (c’était pas des conventions et tout, c’était plus on loue un lieu et on se retrouve et on organise des trucs).

Cela permet aussi d’avoir une réputation utile pour contacter des gens officiels. Par exemples :

  • Un rédacteur de PSo a été invité avec le youtubeur Veyle pour parler du comics Sonic lorsque Sonic×DC est sorti en France.
  • J’ai pu avoir un contact avec Vestron, qui publie les comics Sonic en France depuis quelques temps.

Bref, tout ça fait que ceci n’est pas une attaque globale envers tout les gros sites. Y’a pas mal de sites de fandom qui marchent extrèmement bien et même dans ceux qui ont leur soucis, ils apportent parfois des trucs important pour le fandom. C’est plus que bah c’est important aussi parfois de parler des soucis q’uon peut rencontrer, et j’aimerais parler des difficultés que l’on peut rencontrer lorsqu’on participe ou maintient un gros fansites.

Le financement

Tout d’abord, j’aimerais parler par le premier soucis : le financement. Un fansite, par sa nature, ne peut et ne doit pas être “rentable”. On ne peut pas se faire d’argent sur un fansite, puisque l’équilibre du monde des fandoms est que les propriétaires des propriétés intellectuelles qu’on utilise ferment les yeux tant qu’on se fait pas de fric. Si dans les faits, beaucoup de fancreations sont monétisées (fanarts en conventions, etc), il ne faut pas oublier que c’est illégal, et que cela pourrait poser soucis si c’est fait de manière trop visible.

Souvent, le financement se fait soit par de la pub (ce que je n’apprécie pas trop, à titre personnel), soit par des chaines de streaming, soit par des campagnes de dons, soit par des cotisations d’association. Évidemment, dans tout cela, il y a un équilibre à avoir, parce que si vouloir (même si à titre perso, je finance mes sites sur mon argent pour éviter d’être dépendant⋅e de source d’argent externe) financer un site est tout a fait légitime…

D’un autre côté il ne faut pas paraître greedy. Parce que même si techniquement, l’argent ne nous reviendra pas si on a une association (je parle pas des gens qui scamme, là je parle vraiment dans le cas où on a des gens honnête), trop d’agressivité dans la campagne de don, de culpabilisation, ou donner l’impression qu’on enshittifie le site pour ça est un bon moyen de saboter sa réputation.

Bref, c’est un équilibre difficile à trouver, et souvent on ne sera pas à l’équilibre, je pense. Parce que gagner de l’argent sur internet, c’est pas facile. Heureusement, généralement y’a aussi moyen de se débrouiller avec ce qu’il existe de gratuit sur internet, ou sur des serveurs pas trop cher (le serveur qui héberge tout mes sites statiques me compte ~6€/mois, ce qui peut se gérer sur une bande de pote).

Les soucis structurels

Le second soucis sont ceux structurels. Beaucoup de fansites sont encore dans des architectures assez verticale, différenciant bien “le staff du site” du monde extérieur, et très souvent avec une hiérarchie verticale. Je pense que cette structure pose plusieurs soucis :

La première est qu’à l’époque des youtubeur⋅euses, twitcher⋅euses… beaucoup de gens n’auront pas envie de se fondre dans une identité collective mais voudront avoir leur propre identité sur internet.

La seconde est que cela créer une division arbitraire entre communauté et staff, alors que dans les faits les points entre l’un et l’autre (et dans les deux sens, c’est tout a fait normal de repasser à communauté après avoir été staff, voir d’avoir des “phases”). Je pense qu’un fonctionnement autour de “contributeur⋅ice” est plus efficace, inspiré du fonctionnement de projets de logiciel libre, mais aussi de quelques média libre ou non. Un exemple de fansite qui a fait ça est le Sonic Stadium, qui est entièrement construit autour d’un logiciel de forum, et les news sont parfois des posts venant de la communauté qui sont hérigé au rang de news sur le site. Je pense qu’on peut faire pas mal de mécanisme du genre, pour mettre en avant les points de vue intéressant, les initiatives communautaires. Au lieu d’avoir un staff qui fait et décide tout, on travaille ensemble (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des gens qui décident des trucs, bien entendu).

La troisième est qu’une structure verticale risque de créer des chefs et/ou des conflits. Sans présumer de culpabilité dans ces histoires (parce que ce n’est pas le sujet de l’article), on a vu deux des gros groupes de vidéastes français (VoxMakers et Trash) exploser en vol de manière public, avec des gros fallout de partout. Quel que soit la distributions des tors dans ces histoires, c’est un danger auquel il faut penser : les conflits ça peut exploser de manière bien visible. Surtout si les ressentiments durent depuis des années. C’est le soucis de faire du collectif dans des bons moyens de remédiations ou, encore plus important, de code de conduite (mais ça on y reviendra plus tard).

Une des manières dont ce soucis peut se produire est un peu dans les comportements de “petits chefs”. Et je pense que contrairement à ce qu’on a tendance à penser, ces comportements ne viennent pas forcément de personne mauvaise, égocentrique, pervers narcissique et tout. Cela peut arriver, mais je pense que ça peut aussi venir d’une cause toute autre : on est faillible. Tout le monde peut avoir un jour l’envie de juste se dire “fuck it” et d’utiliser le pouvoir qu’on a contre une personne qui nous énerve. Où parfois ne même pas se rendre compte qu’iel a fait un abus de pouvoir, où a utilisé sa position de pouvoir pour créer une domination sociale. Et je dirais même : si quelqu’un se pense immunisé à cela, les risques sont encore plus grand, parce que l’on s’entraine moins à voir les signes. Les soucis d’égo ne sont pas forcément chez des méchants mégalomanes jouant avec leur moustache en ricanant. Non, cela peut être une personne normale, qui a sa vie à côté du truc donc a pas forcément toujours l’énergie d’être patient⋅e, et pousse ses idées parce qu’iel est vraiment sûr⋅e que c’est la bonne chose à faire, et que les autres comprendront, et puis ils font un peu chier à s’opposer, et puis… bref on trouve toujours des excuses, je pense, pour dire que là, non, on ne fait pas mal.

Un quatrième est une grosse séparation entre le “dehors” et le dedans. Cela peut conduire tout d’abord à des occasions manquée, genre ne pas profiter de travaux en communs qui pourraient être au bénéfice de tout le monde. Mais aussi, cela peut conduire à des problèmes plus… problématique (wow répitition wow bien le français).

A noter que tout ces soucis et risque SONT dépassables, en grande partie en se rappelant de ses propres biais et faiblesses, mais plus la structure est hiérarchique, plus les risques sont présents, je pense. C’est pour cela que quand on est staff dans un projet + ou - communautaire, il faut toujours se rappeller qu’on est avant tout juste un⋅e membre, juste qui bosser pour le reste de la commu sur son temps libre.

La modération et gestion de communautés

Et en parlant de truc fais pour la commu… l’un des plus gros soucis des gros sites et des grosses commu, l’un des plus gros risque, c’est autour de la modération. Je ne vais pas parler des cas où le soucis est que la commu sont dirigé par des connards qui laissent des néonazi prendre le pouvoir où en sont eux-même, non ça c’est pas spécialement intéressant à parler, et c’est juste des commu à fuir à tout prix.

Non je vais parler des biais pernicieux qu’on peut avoir, et surtout d’un en particulier : “celui qui bosse bien”. Voici l’exemple, il y a un membre du staff, iel est odieux⋅e dans les espaces communautaire, voir problématique. Mais on n’ose pas le bannir parce qu’iel “fait du bon travail”. C’est un sujet qui revient assez souvent dans pas mal d’associations et de trucs du genre. Une personne se comporte mal, mais il n’y a pas de sanction ou de vraie protection des personnes vulnérables parce que “la personne est utile”. Parfois, c’est sur de sujets mineurs (genre la personne est reloue), parfois… c’est sur des sujets bien plus grave, telle qu’une personne faisant du harcèlement sexuel.

A noter que ce soucis peut tout a fait se produire sur une petite communauté, juste que sur une grosse, se rajoute un second soucis : plus une communauté est grande, plus il faut une équipe de modération. Dans sa forme extrème, c’est un sujet qui revient dans les débats sur l’organisation du fedivers (le réseau social décentralisé dont Mastodon fait partie) : plus une communauté est vaste, plus le travail de modération se décuple, et plus donc il y a de risque que des trucs se produit si l’équipe de modération est sous-staffée. Évidemment, je suis en train de parler de fandoms, là où le fedivers à des millions d’utilisateur⋅ices, mais cela reste je pense un point à garder en tête, c’est un des challenges de quand une communauté grandis : la garder sûre devient plus complexe.

La difficulté à maintenir la motivation

Tout cela s’ajoute à un autre soucis : c’est difficile de maintenir la motivation des gens dans une communauté. Tout le monde y participe de manière bénévole, et donc toute contribution sera basée sur les disponibilité, mais en plus de cela, les phénomènes précédants peuvent y jouer :

  • Les soucis de verticalité et de structures peuvent faire perdre le gout de participer.
  • Les soucis de financement peuvent provoquer de l’anxiété.
  • Les soucis de modérations peuvent faire fuir des gens pour leur sécurité.

Pour le premier, l’un des soucis d’avoir quelqu’un qui joue au chef, c’est que cela démotive rapidement les autres (en plus de pouvoir créer parfois de l’abus, mais pour moi même quand ça n’en arrive pas là, ça cause soucis). Avoir envie de faire des trucs, et avoir un⋅e chef⋅fe qui d’un côté bloque des idées des autres, et de l’autre pousse ses propres idées sans nous laisser le temps de vraiment donner notre envie, cela créer une apathie envers l’espace où la communauté.

Pour les deux autres, c’est assez explicite, mais pour la modération, je tiens à noter que c’est particulièrement important, parce que c’est quelque chose qui arrive régulièrement. Des comportement mascus, toxiques, qui font fuir des contributeur⋅ices. Et aussi, une modération vue comme cruelle peut faire du mal, notamment les vieilles modérations “shérif de far west” des forums, ou les modérateurs se sentent comme au dessus (et très souvent ça va venir de modérateur agissant plus par égo ou par “ce truc m’énerve”, et donc souvent assez toxique, là ou une modération doit se fonder sur la protection).

Et en plus de cela… il y a la démotivation qui peut venir de problème moins extrèmes. Les petites embrouilles qui vont tenir notre envie. Les moments où une autre personne du staff nous à mal parlé. Le mini-abus de pouvoir où on a ravalé notre colère et s’est contenté de moins travailler, moins être motivé. Souvent c’est l’usure qui nous fait partir. La motivation qui se perd peu à peu à cause à cause des micro-aggressions, à cause des comportements mesquins. Parfois des trucs qu’on ne subit pas, mais combien de fois ne s’est pas-t-on dit “s’il avait réfléchi avec sa tête plutôt qu’avec son égo, on en serait pas là” ? Alors parfois on encaisse, on encaisse, on perd la motivation. On se sent mal, on se demande si c’est nous le soucis, si on n’exagère pas, si on ne perd pas la tête quand on ressent du dégout pour ce qui avait éclairé notre vie avant. Et au bout d’un moment, on jette l’éponge et part.

Et il y a la démotivation naturelle. La vie qui arrive, le temps qui passe. Moins de temps, peut-être des enfants ou encore mieux des chats (j’aime les chats). Peut-être d’autre clubs, d’autre activités. D’autres groupes sociaux, aussi. Où juste, le sujet qui ne nous intéresse plus tant.

Les petits espaces

Tout d’abord, je tiens à dire que dans cette section, je vais redire un peu ce que j’avais dis un peu dans mon article “Les petits fansites”, mais je pense que les petits espaces (ici on va aller plus loin que les sites) apportent énormément au fandom, parce qu’ils apportent des points de vue et des ressentis différents. Aussi, l’enchainement de tout cela ne veut pas dire que “les gros sites sont nuls, les petits roxxent du poulet”.

Les petits sites sont importants pour plusieurs raisons :

  • Être “petit” nous apporte une liberté de ton, des possibilité que les gros sites qui peuvent vouloir préserver les relations avec les éditeurs n’ont pas toujours.
  • Parfois, on a besoin d’espace plus restreint pour se sentir à l’aise. Dans les immenses communautés, souvent une grosse partie aura du mal à parler, parce que cela peut être angoissant. Avoir des espaces moins vaste, avec ses propres codes, peut offrir la parole à des gens qui ne l’auraient pas dans les espaces principaux.
  • Cela peut permettre aussi de se spécialiser. Dans les exemples que j’ai donné, j’ai donné notamment les restorations des sites Secrets of Sonic Team et Sonic Xtreme Compendium. Mais aussi on peut imaginer une chaine de streaming Sonic féministe et/ou LGBT+ en non-mixité, une chaine youtube spécialisé dans les bugs issus des jeux Sonic, un fansite entièrement sur Tails Adventure sur Game Gear, un projet visant à traduire des vieux romans Sonic anglophone… Des sujets très niches (et quasiment tous des exemples imaginaires xD), mais où il y aura forcément des gens intéressés. Parce que parfois “tout faire” nous affaibli.
  • Cela permet d’éviter de filer tout le pouvoir à une communauté. J’estime qu’il faut éviter de centraliser tout le pouvoir dans une seule communauté, parce que du coup si jamais un problème grave se produit dedans, cela explose toute la communauté fandom. Il faut éviter les singles points of failures. Rien qu’avoir deux~trois gros sites aide, mais une multitude de petites communautés qui communiquent peut aider.
  • Parfois, il peut aussi y avoir des espaces “en marge” ! Des gens qui ne parlent pas principalement de Sonic (je reste dans mon exemple hérisonnesque), mais qui parfois vont faire des articles ou vidéo qui nous intéressent, et avoir une structure qui nous fait les booster, voir nous permet d’aider est plus positifs !

Le fait d’avoir pas mal de “petits espaces”, apportent de la richesses je pense aux communautés. Un autre exemple à cela est Pokémon, où il y a une grande richesse des fansites, notamment dans les petits spécialisés qu’on peut trouver par exemple sur néocities (dont les sites servant d’inspiration à mon propre fansite pokémon dont j’ai parlé plus haut !

Cependant, comme les gros fansites, les petits fansites peuvent rencontrer leur lot de difficultés, qui souvent se ramène à un gros point : le risque de ne pas atteindre une masse critique pour survivre. Avec les petits fansites, on peut avoir avoir du mal à trouver des espaces de discussions, surtout maintenant que la plupars des discussions sont centrées dans les gros silos. Si cela peut être un aventage (moins de monde = moins de risques), avoir des espaces plus “communs” peut être important pour pouvoir diffuser des évenements, etc.

Du coup cela pose question : comment faire en sorte que malgré cette dispersion, il y ai des espaces communs ? Comment faire en sorte d’avoir des espaces qui soient sécurisant pour la communauté ? C’est là où on va arriver dans cette question de créer des hubs pour la communauté.

Créer des hubs ?

En fait, les gens sont déjà dans plusieurs communautés à la fois, ce qui permet la diffusion des informations intéressantes.

Et c’est là où je pense que ça peut avoir un intérêt d’avoir des espaces inter-communautaire, parce que le soucis d’une telle constellation peut être d’avoir de l’isolement. Le fait d’avoir des espaces reliant des communautés aussi, permet à chacun⋅ne d’être s’iel le souhaite dans un réseau.

Mais du coup, avec tout ça, comment faire ces espaces en communs ? Quels peuvent être les règles ? Pour moi, ils peuvent être de plusieurs types, et je vais me concentrer sur particulièrement deux d’entre eux : un espace de discussion, et une sorte d’annuaire.

Et comme j’aime pas faire les choses dans l’ordre, commençons par le second.

Les annuaires

Face à la dispersions des communautés et groupes, une solution potentielle est simplement le recensement.

À une époque, le site planète-sonic avait un annuaire nommé “les pages bleues” (il est aujourd’hui cassé, n’ayant pas été maintenu avec la baisse d’activité des blogs). S’il est ancré dans une époque de sites et de forums, au final il existe toujours une dispersions, et même sur plusieurs médias différents. Streamer⋅euses, chaines youtubes, sites, blogs, réseaux sociaux, serveur Discord, forums RP…

( Et même recensé ceux qui ne sont plus actif à de l’importance, ils font partie de l’histoire )

Évidemment, ce n’est pas quelque chose qui doit se faire sans règles. Je pense qu’il est important de faire attention à qui rentre dans un tel annuaire, notamment sur des critères de protections des gens (notamment des personnes oppressées), d’éviter la diffusions de mensonges. Avoir un annuaire avec un code de conduite est alors je pense particulièrement important.

Ouvrir les espaces discussions

Un autre type d’espace pouvant être inter-communautaire est les espaces de discussions, dont j’ai du coup un peu parlé plus haut. Les chatrooms, les forums… bon okay aujourd’hui c’est 99% du temps les serveur Discord, mais ça c’est le pouvoir de la Plateforme UniqueTM. Ces espaces sont intercommunautaire (où plutot “interpublic” dans le sens où ça contient le “public” de plusieurs groupes) par “nature”, parce qu’en fait ils sont les endroits où vont se former des groupes, et la plupars des gens qui sont très actifs dans un fandom vont sur plusieurs types de médias différents et en plus certains vont aussi faire partie de plusieurs communautés (ici = espace de discussions).

C’est pour ça que je pense que s’il est tout a fait bien d’avoir un espace de discussion dédié à un site/streamer/whatever, il est aussi important d’avoir cette ouverture sur les autres publics, parce que déjà cela permet à l’information de circuler, à la collaboration entre créatif d’être plus facile, et surtout : cela évite les batailles de groupes. Je pense qu’il est notamment très important de faire en sorte, quand on tient un espace de fan, de ne pas voir les autres espaces comme des concurrents.

Les effets de clans sont historiquement plutôt une mauvaise chose. Je pense que l’internet soniciens n’a rien vraiment gagné quand Sonic Online et Planète-Sonic formaient deux clans qui se fightaient (et c’est pareil pour pas mal d’autres commus du genre entre “les membres de x” et “les membres de y”, je prend cet exemple parce que j’ai fait partie de l’un des deux). Cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter : comme pour le cas précédant, je pense qu’un espace peut être ouvert aux autres tout en faisant de la prévention contre les “mauvais acteurs” d’un fandom.

Rendre ces espaces safes

Dans les deux cas présenté, en fait, on voit que l’importance pour créer un hub de communauté, c’est de créer du lien. Eviter les effets de clans, éviter de fractionner encore plus le fandom (sauf évidemment si c’est pour prévenir de vrai danger ou de vrai problème. Mais dans ce cas là, il est important d’avoir une transparence). Mais en terme de “communauté”, il faut être ouvert aux différents horizons de fans en termes de gouts, d’espaces auquels ils participent et qui ne cause pas de réel soucis (parce qu’évidemment, si y’a des espaces qui deviennent tellement rancides qu’ils sont des sources de problèmes, faire gaffe aux gens en venant est super compréhensible).

Ensuite, on va revenir à un des points dont j’ai parlé plus haut l’importance de la modération. C’est en effet pour cela qu’il est impérativement d’avoir une modération prête à agir, et des mécanismes pour agir si un⋅e modérateur⋅ice aussi pose soucis sur cet aspect. Je suis pour ma part adepte des Code de Conduite (qui doivent s’appliquer aussi sur les espaces hors communauté afin de protéger), tel que Contributor Covenant. Pour plus d'information sur ses aspects, mes deux articles cités plus haut peuvent être intéressant : les soucis qui peuvent exister dans les fandoms et comment construire des fandoms plus ouverts.

(Et il est à noter qu’avoir un code de conduite ne suffit pas, il faut aussi une volonté de l’appliquer.)

La bienveillance est extrèmement importante. Ne pas être bienveillant, laisser se reproduire des comportements toxiques non seulement fait perdre des gens qui auraient pu contribuer, mais aussi détruisent le point le plus important dans un fandom : l’envie de faire, l’envie de créer.

Pour qu’un espace de fan réussisse, pour moi il faut réussir à créer un espace où on se sent en sécurité et motivæ à créer, et éviter l’impression d’aller à la corvée, ou - pire encore - l’impression que ça va être rébarbatif (ou encore encore pire : angoissant) à cause de drama, dispute, où de comportant nous retirant l’impression de sécurité (là ça peut être très varié, et je parle pas forcément de harcèlement où autre, rien que de la domination intellectuelle peut être violent et faire perdre du monde, surtout dans des fandoms où une partie des gens sont neuro-A et donc ont déjà subit de l’oppression sur ce genre d’aspect).

Surtout que les personnes prête à participer à un projet collectif ont diminué je pense, pour plusieurs raisons :

  • Déjà l’état du web actuel encourage à y aller solo, avec notamment la culture des “influenceurs”. Les plateformes sont plus individuelles, et si y’a encore des “groupes”, ils sont plus l’exceptions.
  • Les gros drama de collectifs ont sans doute démotivé des gens.
  • C’est bieeen plus simple aujourd’hui de faire un projet solo. On peut créer un fansite bien plus rapide qu’à l’époque, créer une chaine twitch aussi, etc.
  • On accepte bien moins certains mauvais comportement qui étaient vu comme “normaux” y’a 20 ans, et c’est une très bonne chose.

Ce n’est pas que les gens sont égoïstes, c’est bien plus que la dynamique fait que c’est simple de se dire “à quoi bon participer à un collectif” ? D’où que je pense qu’avoir un trop gros turnover pour un espace de fan peut être un immense danger aujourd’hui, en plus d’être un plus haut risque. Il faut éviter que les gens se disent “ouais je serais en fait mieux sans le collectif”.

Si on veut avoir un espace qui vit, il faut vraiment faire une chose : que les gens construisant l’endroit soient content, soit fier⋅e de faire partie de cela.

Conclusion

Pour conclure tout ça, les fan-espaces sont variés, et ont une importance considérable pour pas mal de monde. Cependant, les gros fan-espaces peuvent rencontrer des difficultés, d’autant plus qu’on des dans une période où pas mal de communautés se recoupent surtout autour d’une “personne importante”, ou d’æn influançaire.

Les gros fansites notamment peuvent rencontrer des difficultés autour du financement, rencontrer des soucis structurels, et font face aux questions de modérations et de difficulté à garder la motivation. Les plus petits fan-espaces peuvent répondre à certains des soucis qu’on rencontre quand on est “trop gros” mais ne suffisent pas forcément à tout régler.

Cependant, on peut créer des hubs, qui doivent alors avoir trois principales caractéristiques :

  • L’espace doit être ouvert aux gens extérieur, même quand ils ne sont “pas du groupe”. Il ne réfléchirait pas en matière de “concurrence” ou d’audimat et serait ouvert à dire “hé regardé y’a truc aussi qui est cool”.
  • Il doit avoir une modération béton pour protéger les personnes qui sont en danger, ne pas laisser passer l’intolérance.
  • Cultiver la créativité, l’envie de faire, la curiosité de ses membres.

En plus de cela, pour finir, il y a d’autres qualités que je trouve idéal pour créer un espace de fan vraiment ouvert

  • Pour cultiver la créativité, l’espace doit être ouvert serait ouvert à contribution, et entretiendrait une culture de participation et d’entraide, moins que de la verticalité.
  • L’espace éviterait d’avoir un grand chef, mais plus des personnes se regroupant dans une envie commune de faire vivre leur passion. Ce serait un bien collectif, un bien commun. Pas de chefe, vive l’anarchie !
  • L’espace ne chercherait ni la perfection, ni la grandeur, mais à partager son enthousiasme et sa passion.

Et pour moi, tout cela construirait le fan-espace idéal.

Miniature : Reconstitution de l'Acropole d'Athene à l'époque antique, par Leo von Klenze