Langage épicène et français

52 minutes

Je continue ma sidequest : voici quelques trucs sur le langage épicène en français.

Être non-binaire et francophone n’est pas facile. En effet, la langue française n’est pas spécialement adaptée à exprimer d’autres réalités que le masculin et le féminin, puisque c’est inclus en profondeur dans sa grammaire et son vocabulaire.

  • Les noms communs ont tous un genre grammatical
  • Les termes épicènes sont peu nombreux (il n’existe même pas d’équivalent de “sibling” avant qu’on en trouve un nous-même)
  • La langue a été construite sous des concepts sexiste tel que “le masculin l’emporte”

Cela a donné des soucis pour :

  1. Décrire des groupes avec des hommes et de femmes dedans (langue inclusive)
  2. Décrire les réalités des personnes en dehors de la binarité de genre (langue neutre)
  3. En plus de cela, ça invisible souvent les femmes en faisant que le masculin l’emporte sur le féminin

Là est donc tout le sujet du français épicène, dont on va parler dans cet article.

Langue inclusive

Le langage inclusif est l’un des grands sujets de débat et de critique. Les éditoralistes s’en prennent à ce concept, mais souvent sans le comprendre. Le début du langage inclusif, c’est simplement avoir du masculin et du féminin dans une phrase. Le mot est souvent très mal utilisé, et c'est triste de voir que même des linguistes (et réformateurices sur certains points), se font avoir. Pour beaucoup de gens, quand iels disent "je n'aime pas le langage inclusif", iels parlent juste du point médian.

Dans les faits, le langage inclusif comporte ces réalités :

  • La féminisation des noms de métiers (puisqu’avant on genrait au masculin les professions), qui est toujours un sujet qui fache l’académie française.
  • L’utilisation du féminin et du masculin pour comporter les hommes et les femmes (par exemple "les étudiantes et les étudiants" est une forme inclusive)
  • L’utilisation de règles pour éviter le “le masculin l’emporte sur le féminin”, tel que l’accord de proximité (qui était la norme dans la langue et sonne plus naturelle, dire “mon frère et ma soeur sont grandes” sonnent mieux à l’oreille, parce que le féminin est plus proche)
  • L’utilisation de néopronoms (tel que iel, celleux, etc)
  • L'utilisation des doubles-flexions, qui fusionnent les deux mots en unes. "Député.e" c'est au fond qu'une manière plus rapide d'écrire "député et députée". Il existe deux formes de doubles flexions, les abrégée (actif.ve) et figée (actifve), ces dernières transformant la double flexion en un seul mot.
  • La création de vocabulaire et de flexions neutres, tel que le système Al.

On va commencer par parler des pronoms neutres, puis des tentatives de créer des nouveaux mots et flexions. À noter que souvent on pourra retrouver deux grands types de méthodes pour créer du neutre ou de l’inclusif :

  • La méthode combinatoire, fusionnant masculin et féminin.
  • La création de nouveau mot ou morphologies.

Ces méthodes sont même parfois combiné, parce qu’il y a une différence à faire entre neutre et inclusif. En effet, le but de l’inclusif est d’éviter que le masculin soit la norme, de faire que le féminin soit représenté. Tandis que le neutre à pour but de présenter autre chose que du masculin ou féminin. Souvent, la méthode combinatoire est suffisante pour de l’inclusif, mais parfois du neutre sera créé de manière differenciée.

Ici, nous n'allons donc pas parler du cas le plus commun, les doubles-flexions abbrégée, parce que y'a moins à en dire.

Petit tour des pronoms neutres ou inclusif

J’ai parlé de iel, qui est le pronom neutre le plus utilisé en français. Moi-même je l’utilise pas mal, avec æl que j’aime encore plus. L’article wikipedia en contient une petite liste, et le wiki LGBTQ+ fr en contient aussi. Je vais tenter de les classifier par groupe.

Groupe Type Exemples Notes
Pronoms combinatoire Des néopronoms construit en fusionnant les pronoms masculins et féminins Iel, Ille, El, Yel, Yelle Iel est le pronom neutre le plus utilisé
Pronom par flexion Ces pronoms consiste à changer le son principal pour le faire varier Ol, Al, Ul, Æl Al est le pronom utilisé dans le système Al d’Alpheratz. Ces pronoms sont souvent apprécié par les personnes agenre parce que hors du système de pronom.
Archeopronom Pronoms neutres historiques, qui existaient dans d’anciennes formes de la langue Aol, El, Al, Ol El (et sa variante régionale al ou ol) sont attesté en ancien français, dérivé du Illud, et Aol dans un texte de 1205
Pronoms dérivés de Xe Des pronoms inspiré de Xe, rajoutant un X avant un pronom ou néopronom, utilisé par des non-binaire aligné ou non Xil, Xelle, Xel, Xiel, Xæl
Pronoms dérivés de Ze Un peu comme pour ceux inspiré du Xe anglais, des pronoms dérivé du néopronom US “ze”
Pronoms ressemblant à la lettre x Ces pronoms font penser beaucoup inspiré de l’utilisation du marqueur x comme marquage du neutre. Je n’ai pas trouvé de source pour leur origine, cependant. Ex, Ix

Je n’ai pas mis tout ceux que j’ai trouvé, mais vous pouvez en trouver plus sur les liens. Iel, æl et al sont les plus utilisés, Iel le plus et ael/al pour les personnes voulant du neutre en plus de l’inclusif (même si iel est aussi utilisé par des personnes se genrant au neutre !).

Déterminant et autres mots

D’autres mots sont aussi impacté ! La marque du masculin et féminin se retrouve dans des mots en plus que les pronoms :

  • Les articles définis (le, la) et indéfinis
  • Les pronoms démonstratifs (celui, celle)
  • Les déterminant démonstratif (Ce, Cette)
  • Les déterminant possessif (Mon, ton, son)
  • Les déterminant interrogatif (quel, quelle)
  • Et pleins de petits mots genre tous/toutes.

Ces mots ont plusieurs possibilités de version neutre, et je vais juste en présenter quelques unes. On y retrouve les deux méthodes dont j’ai parlé : soit faire des combinaison, soit faire des alternatives.

Catégorie Masculin Féminin Combinatoire Alternative
Article défini Le La Læ, Lae, Lea Lo, Lu, Li
Article indéfini Un Une Un⋅e An, Æn, Um
Déterminant démonstratif Ce, Cet Cette Cet⋅te, Cet çæt, cès
Déterminants possessifs Mon/Ton/Son Ma/Ta/Sa Maon/Taon/Saon Mæ/Tæ/Sæ, Man/Tan/San, Mo/To/So, Mu/Tu/Su
Déterminant interrogatif Quel Quelle Quel⋅le Quæl
Pronoms possessifs Mien/Tien/Sien Mienne/Tienne/Sienne Mien⋅ne/Tien⋅ne/Sien⋅ne Mian/Tian/Sian, Mienxe, Tienxe, Sienxe
Pronoms démonstratifs Celui, Ceux Celle, Celles Cellui, Celleux Cial, Çauz
Autre / Plusieurs tous toute, toutes Touste Touxe, Touz

Genrer des mots au neutre

Le soucis est plus grand quand on arrive face à la question des mots. Comment trouver des moyens de donner des noms de métier, sans établir un genre ? C’est l’un des gros sujets de débats qui existent, et où il y a des tonnes de moyens de le faire, par diverses personnes.

Comme vu plus haut, on va voir deux types d’approche : l’approche par combination, et l’approche qui vise à créer de nouvelle flexion.

Approche combinatoire

C’est aussi nommé le système combinatoire ou “par composition”. On y retrouve plusieurs types de mots et écritures :

  • Utilisation de graphie combinant masculin et féminin
    • Parenthèse ( présent(e)s )
    • Tirets (présent-e-s ou présent-es)
    • Point médiant (présent•e•s ou présent•es)
    • Apostrophes (présent’e’s ou présent’es)
  • Utilisation de formes fusionnant les deux
    • Auterice, actifve, etc.
    • Iel, toustes, ellui, etc.

Cette façon de faire reçoit quelques critiques, à la fois des gens qui de toute façon seront contre toute tentative de rendre la langue plus neutre, mais aussi de gens ayant quelques soucis linguistiques avec :

  • On va souvent combiner des graphies différentes.
  • C’est un langage très écrit, et pas forcément adapté à l’oral (même si certains comme iel, toustes, etc. fonctionnent à l’oral)
  • C’est un langage inclusif qui fait “masculin & féminin”, ce qui peut pour les personnes agenre être excluant. A noter qu’évidemment, toutes les personnes agenre ne le percevront pas forcément pas d’une telle manière !

En tant qu’écrivainæ amataire, je trouve que le soucis est pas mal que j’ai envie de quelque chose qui peut se lire à voix haute, quitte à sonner différemment de ce dont on a l’habitude. Évidemment, à l’écrit, cela fait bien le taff, et en fait je pense qu’il y a une place pour les deux, que les deux peuvent avoir un rôle à jouer. D’où que suivant les contextes, je peux utiliser les deux.

Après, il existe des approches inclusives/combinatoire qui cherche à créer le plus de mot possible en combinant les formes masculines et féminines. Voici ceux pour qui une approche combinatoire brute donne des résultats :

Masculin Féminin Combinatoire
Auteur Autrice Auteurice
Joueur Joueuse Joueureuse
Jaloux Jalouse Jalouxe
Actif Active Actifve
Beau Belle Belleau
Cousain Cousine Cousaine
Printanier Printanière Printaniére
Gentil Gentille Gentile

Ici, j’ai mélangé deux approche : la première est de garder la forme du masculin et de rajouter le -e final (cousaine, jalouxe), l’autre est de prendre la flexion du masculin/fémini puis rajouter celle de l’autre à la suite. (Note : dans le cas de printanier, l’écriture sert juste à refléter le mélange des prononciation)

A noter qu’en plus de ça, la méthode combinatoire n’a pas trop d’importance sur les mots finissant par un son consonne ou une lettre voyelle, où elle ne devient qu’un marqueur graphique, puisque la différence féminin/masculin en est déjà un :

Masculin Féminin Combinatoire
Aimé Aimée Aimé⋅e
Fini Finie Fini⋅e
Perdu Perdue Perdu⋅e
Docteur Docteure Docteur⋅e
Principal Principale Principal⋅e

Nous pouvons voir que cette approche marche donc le mieux quand le mots sont déjà proche quand soit les mots ont des flexions assez différente, soit quand ils ont des formes se prononçant exactement pareil.

Les mots qui posent le plus soucis à cette approche sont les mots avec une consonne devenant prononcée à l’oral quand le mot est au féminin.

  • Courtisan⋅e
  • Humain⋅e
  • Étudiant⋅e
  • Peinard⋅e
  • Démon⋅e
  • Musicien⋅ne
  • etc.

Créer des flexions neutres

La création de flexion neutre est une approche qui vise à offrir aux mot une troisième flexion, qui serait utilisée pour les genrer au neutre.

L’un des plus systématisé est le système créé par lu linguiste Alpheratz, qui utilise notamment l’une des flexion neutre que j’ai le plus vu revenir, celle en -aire (qui contient notamment le mot autaire que je vois de plus en plus être attestée). D’autres systèmes similaires, utilisant l’idée de créer une forme neutre en faisant varier un son existent, et on peut retrouver les documents suivants :

On peut ensuite catégorisé les nouvelles flexions inventées dans plusieurs catégories :

  • Le changement de son voyelle, qu’on retrouve dans doctaire/autaire, et qui a une certaine logique parce que les mots en -aire sont souvent épicaine : partenaire, par exemple. Le système -al utilise aussi -an pour certains sont -in, par exemple citoyen -> Citoyan. On va regarder plusieurs morphème, et leurs utilisations. A noter que parfois plusieurs systèmes auront plusieurs écritures alternatives pour un même mot.
  • L’utilisation de morpheme -x, -z pour créer des désinence neutre. Soit en l’utilisant en fin de mot à la place d’un e muet (et ensuite avec un -z au pluriel), soit en remplaçant un son consonne devenant audible avec un -e. Par exemple surpris/surprise/surprix(e) (cela ressemble du coup avec la forme fusionnée dit plus haute “jalouxe”).
  • L’utilisation d’autres morphèmes ou graphies tels que -æ, -ë (principalement pour les -e muets au féminin).

On va voir les différentes propositions, divisées suivants les différents cas de différences masculin-féminin. Evidemment, un cas ne sera pas présent : celui où le masculin et féminin son identique (partenaire, par exemple).

Pas de différence audible

Le premier cas que nous pouvons voir est celui où il n’y a aucune différence entre le masculin et féminin.

  • Cela peut être les mots finissant par un son voyelle (aimé(e), ami(e), perdu(e))
  • Cela peut être les mots finissant par un son consonne audible (docteur(e), intellectuel(le), etc) et qui n’ont pas de transformation du radical entre le masculin et le féminin

C’est celle d’un point de vue oral le plus simple : la prononciation du neutre sera la même qu’au masculin et féminin. C’est niveau de la graphie que des questions se posent.

  • Pour les mot en -el(le), une des propositions courantes est d’utiliser juste qu’un l (ou t, etc) : Intellectuèle, Cète, etc. Parfois le son voyelle est écrit -æ, avec ou sans -e muet à la fin (Intellectuæl, etc). Un exemple connu est la Fédération des professionnèles dont le nom a été construit par le travail de la linguiste Céline Labrosse sous le modèle de mot comme "fidèle"
  • Pour les é(e), la graphie proposée est souvent -æ (Aimæ)
  • Remplacer le -e par un -x muet (docteurx, etc), qui au pluriel peut devenir un -z muet (docteurz).
  • Utiliser une graphie alternative (’, •e, etc)

Quelques graphies changeant le son sont aussi présente, pour les -el/le : Intellectuol, Intellectueux. A titre personnel, je ne suis pas super fan de l’idée de rajouter un autre son pour ces mots, puisqu’à l’oral, ces mots sont indistincts. Je pense que c’est quelque chose à regarder du côté de la graphie.

La plupart de ces possibilités sont imparfaites : - Le -x final est une possibilité commune, mais en français, le -x est parfois symbole du pluriel. Et si l’idée du -x qui devient -z est maligne, c’est je trouve un poils compliqué (limite un docteurxs me semble plus simple). De plus, le -x muet est aussi un symbole du masculin * La possibilité serait alors d’utiliser un -xe qui deviendrait alors audible, mais on revient au soucis de base. - Les ë et æ ne sont pas muet habituellement (sauf après des voyelle. Cependant, ambiguë est déjà un féminin) - Les symboles typographiques purs rendent compliqué la situation pour les lecteurs d’écrans.

A noter que pour la remarque du -x, les -x au pluriels sont rarement dans des cas où le -x du pluriel serait confondu avec un neutre :

  • Les mots en -eau sont en -elle au féminin, donc la forme neutre serait gérée dans une autre section.
  • Les mots en -al seraient en -alx au neutre, et -aux au pluriel.
  • Esquimau, dont le pluriel est esquimau au féminin s’écrit “esquimaude”,

Un cas que j’ai trouvé est hébreu, qui s’écrit hébreux au pluriel et dans certains cas semble s’écrire hébreue au féminin. Pour résoudre ça, une possibilité serait d’écrire le neutre des mots ayant un -x au pluriel en -xe audible (l’adjectif feu, pour désigner une personne décédée, lui prend un -s au pluriel).

Une dernière possibilité serait de laisser le choix, et que le neutre ne prenne juste pas de -e (ou en prenne un au choix), et que l’écriture inclusive puisse rajouter le •e.

Ajout d’un son consonne

Dans ces cas, le masculin se termine par un son voyelle, mais une consonne muette. Au féminin, le mot à un -e en plus qui rend audible la consonne. On y retrouve trois cas principaux.

  • Le premier est celui où la consonne ne change pas entre le masculin et le féminin (content -> contente)
  • Le second est le cas où elle change (grec -> grèque, heureux->heureuse)
  • Ajout d’un son consonne qui n’existait pas, le cas le plus commun étant le -esse : maitre->maitresse.

Généralement, on retrouve plusieurs propositions :

  • La terminaison en -x(e) est souvent proposée, notamment pour les féminin se finissant en -se, -ce, -que, -che. (gris->grixe). Le soucis avec celui-là est que sec->sèche deviendrait sèxe, ce qui provoque un soucis évident. Peut-être alors juste faire un sècque. Mais quelques propositions le font aussi pour content -> contenxe. A titre personnel, je me dis que c’est plus simple de reconnaitre le mot si on garde la lettre muette : contentxe.
    • Dans le cas du -esse, on prend alors une forme -exe : paintrexe
  • La transformation en une autre lettre muette est aussi présente, genre un -s, un -x, etc. (contens/grans, contenx/granx). J’ai aussi vu le -m (petim, maitrem).
  • La transformation du son consonne, plus utilisé pour la catégorie suivante, est également parfois proposée : docteur->doctaire, peinard->peinairde, bourgeois->bourgeoaise.

Transformation d’un son voyelle

Ces mots là sont les mots qui rajoute juste un -e à la fin, mais provoque une transformation du son. Le cas le plus commun sont tout les mots finissant par -ain, -an, etc dont le e transforme le -n en une consonne à la place de faire partie du son voyelle.

  • Citoyen, Citoyenne
  • Cousin, Cousine
  • Un, une fonctionne comme ça aussi

D’un point de vue “sonore”, cela pourrait être les plus simple. On pourrait simplement utiliser une forme hybride, rajoutant un son neutre muet à la fin (rendant le son -n audible), et gardant le son voyelle. Genre “citoyen”, puis le son “-ne”. Cependant, c’est très dur à écrire et peu courant en français.

Souvent, donc, l’utilisation d’un autre son voyelle est proposé. Parmi les plus courant on a :

Type Masculin Féminin Neutre
-an Citoyen, Humain, Terrien, Bon Citoyenne, Humaine Citoyan, Terrienne, Bonne
-aire Joueur Joueuse Jouaire, Autaire, Doctaire
-aine Cousin, Voisin Cousine, Voisine Cousaine, Voisaine
-iem Citoyen Citoyenne Citoyem
-om Bon, Mignon Bonne, Mignonne Bom, Mignom

Le soucis que j’ai avec le morpheme -an est qu’il sonne très masculin, parce qu’on a déjà des mots en -an qui sont masculin (qui eut souvent vont passer en -aine, qui est le féminin de certain mot ! Romain, romaine). Du coup, cela créer des incohérence qui affaibli le système. Autant fusionnée combinatoire et quelques flexion ne me gène pas (après tout le féminin et masculin sont parfois différencié par une lettre en moins dans le masculin, et par des bouts du mots différents), autant aussi avoir parfois des formes masculines/féminin indifférenciée du neutre ne m’embête pas, autant avoir que parfois une terminaison indique du masculin sur certains mots mais pas du neutre, et dans d’autres la MÊME terminaison indiquera du neutre et pas du masculin, cela m’embête un peu.

Cependant, ce sont déjà des constructions assez populaire, du coup je les garderais quand même malgré mes propres réserves.

Une autre possibilité que j’ai vu pour les sont en -un, -ien, etc. est de remplacer le -n final par un -m - Um mignom liom (j’imagine le -m se prononce du coup ?) - Musiciem

La forme en -xe est aussi souvent proposée : - Mignonxe, lionxe, musicienxe.

Modification du radical

Une partie des mots font une transformation plus radicale entre le masculin et le féminin, en transformant en partie le radical entre les deux :

  • On peut retrouver dedans les cas qui transforment juste légèrement le son voyelle + la consonne, genre cousain-cousine.
  • Le cas assez commun des -teur/-trice (facteur, fatrice), ou celui -eau, -elle (beau, belle)

Dans ce cas, on y retrouve évidemment fortement l’usage de la combinatoire, qui souvent gagne son plein potentielle (facteurice, cousaine, belleau).

Pour les sont en -eur, le -aire est assez populaire (comme dans les autres forme de -eur, d’ailleurs) : factaire.

Création de vocabulaire

En plus des mots avec une flexion féminine, il y a tout les mots qui ont un équivalent masculin/féminin totalement différent. Père et mère, frère et soeur, oncle et tante… Cette méthode s’ajoute aux “astuces” habituelle de dire des choses tel que “l’auditoire” au lieu de “auditeur” et “auditrice”. Mais avoir des mots spécifiques est important pour les personnes non-binaires, notamment.

Dans ce cadre là, la création d’un mot neutre est nécessaire. Pour certains, il existe (parent pour père et mère), pour d’autre, il existe des propositions, et encore une fois on retrouve une approche combinatoire et une seconde, qui consiste à inventer un nouveau mot où le récupérer du langage savant. Voici quelques exemples :

Masculin Féminin Existant Combinatoire Néologisme
Père Mère Parent
Papa Maman Paman, Pama, Baba
Frère Soeur frœur Adelphe
Confrère Conseur Confrœur Condelphe
Parrain Marraine Parraine/Marrain
Fraternité Sororité Adelphité
Oncle Tante Avunculaire (1) Tancle, Parfrœur
Tonton Tata Tonta
Neveu Nièce Nevèce, Niveu, Niève
Homme Femme Personne, Adulte Lumme, Loemme
Garçon Fille Enfant Fim
Fils Fille Enfant File, Fize
Paternité Maternité Parentalité Neuternité
Roi Renne Monarque Roine Rei (2), Rial
Duc Duchesse Dux
Héros Héroïnes Héroal, Hérauz
Dieu Déesse Déal, Déauz
  1. Désigne la relation envers un oncle ou une tante, le terme remplaçant serait alors "parent avunculaire" ? Mais c'est un poil long...
  2. Mélange de parent et frœur
  3. Reprise de l’ancien français pour roi

A noter que le mot aldephe est l’un de ceux qui a eu une grande richesse de création, puisque c’est à partir de lui que condelphe a été créé, mais aussi adelphité. C’est un mot assez riche de création. Un autre mot que je vois revenir mais qui a bien moins de traction est lumme/loemme, qui ne semble que décrit dans les listes de propositions et avoir peu d’utilisation en vrai pour le moment. Mais j’aime bien sa forme loemme.

Le terme “enby” est souvent utilisé pour décrire les non-binaire, devenant une sorte d’équivalent d’à la fois garçon/fille et homme/femme. Celui là est différent des termes existant parce qu’il existe spécifiquement pour parler des personnes non-binaire, devenant un équivalent du suffixe -ipo en esperanto. On en voit comme variantes dans le dictionnaire du langage neutre de pronoms.fr “Fanby” pour fanboy/fangirl.

Parmi les autres possibilités qu’on pourrait prendre, il y a de faire comme en espéranto des emprunts à d’autres langues proches :

  • Népote pourrait être utilisé (serait en plus relié à népotisme), pour soit dire petit enfant (ido: nepoto), soit dire neveu/nièce (nepote en interlingua/parfois en italien). A noter que nipote en italien peut vouloir dire les deux. A noter que pour petit⋅es enfants, on n’en a pas besoin : puisqu’on a déjà un terme inclusif que je viens d’utiliser (y’a que petit à rendre inclusif).
  • Niève (le mélange de neuveu et nièce) peut se relier à nievo, voulant dire neveux.

Une autre possibilité pour Niève serait Nidelphe, ou Nielphe, construit sur le modèle du nibling anglais.

Pour oncle et tente, il existe "avunculaire" qui veut dire "lié à l'oncle/la tante". Comme autre possibilité, on peut avoir parfrœur basé sur frœur, et on pourrait construire de la même manière un parelphe.

Dans les deux cas, je pense que les formes en -elphes du coup seraient mes préférées, avec adelphe, nielphe et parelphe.

Civilité

Un des cas particulier et qui à une grande importance est la question d’une civilité neutre. La civilité à un rôle assez important dans pas mal d’interface graphique et dans notre société, on nous la demande un peu partout, et l’absence de version neutre. Encore une fois, il y a plusieurs proposition, avec plusieurs étymologie possible :

Proposition Abbréviation Etymologie
Monestre, Ménestre, Minestre Mn. “Mon être”, la version avec “Mé” permet d’éviter la ressemble avec “monstre” et d’éviter d’utiliser le “on” masculin
Mix, Mixter, Mansiex Mx. Origine de l’anglais, Mx. À la base Mx était juste l’abbréviation, pour remplacer le r et le s de Mr/Ms, puis des mots sont apparu pour le prononcer.
Muniel Ml. Mun (variante neutre de Mon) + iel
Mondame ? Combinatoire de monsieur + madame, mais je l’ai jamais vu utilisé et il a même pas de page sur le wiktionnaire.

À noter que dans les milieu de gauche, on note souvent sur le fait que camarade est une civilité tout a fait neutre et inclusive (qui peut avoir comme abréviation Cmd).

Pour ma part, ménestre est un de mes préférés.

Mon langage neutre

Avec tout ça, voici ma tentative de fusionner quelques bouts de système neutre pour avoir le miens.

Évidemment, cela n’est que le travaille d’æn enby qui n’est PAS æn linguiste, du coup cela sera sans doute avec des imperfections, des erreurs, etc. Mon but n’est pas de dire que je vais faire mieux que toutes les tentatives précédantes, mais plus de tenter de participer à la discussion de manière constructive.

J’essaie d’avoir les règles suivantes :

  • Avoir quelque chose qui peut se prononcer, qui peut être dans la langue courante
  • Privilégier et intégrer les formes existantes si possibles (cela ne sert à rien d’avoir un quinzième standard en compétition)
  • Essayer d’avoir une régularité des formes, de ne pas trop démultiplier les marqueurs neutres. Si possible, ne pas avoir trop trop de confusion entre les marqueurs de genre différents, aussi.
  • Essayer d’avoir une régularité sur la présence du -e final

Pronoms et “petits mots”

Voici un premier tableau, celui des pronoms et petits mots. Pour celui-là, je fusionne mes préférences avec si possibles ceux d’Alpheratz.

Catégorie Masculin Féminin Neutre Inclusif/Combinatoire
Pronoms personnel Il/lui, ils/eux Elle, elles Ael, aels, Al, lu, als, auz Iel, iels (1)
Pronoms démonstratif Celui, ceux Celle, celles Cial, Çauz Cellui, Celleux
Article défini Le La Lu
Article indéfini Un Une Um (ou An) Unx
Article contracté Au, Du À la, De la À lu, De lu À læ, De læ
Déterminant démonstratif Ce, Cet Cette Cès, Çu Cète
Déterminants possessifs Mon, Ton, Son Ma, Ta, Sa Mu(n), Tu(n), Su(n) (2) Maon, Taon, Saon
Déterminant interrogatif Quel Quelle Quéal Quèle
Autre / Plusieurs tous toute, toutes Touxe, Touz Touste, Toustes

Notes

  1. Comme dit plus haut, pleins d’autres pronoms peuvent être acceptés.
  2. Le n apparait avant les voyelle pour faire la liaison, comme “Ce” devient “Cet” avant une voyelle

Vocabulaire

Voici un petit récapitulatif du vocabulaire, avec ici une présence de cas neutre et inclusif. Quand l’inclusif et le neutre est pareil, je met juste un “-” dans la catégorie inclusif. Pour des cas comme Paman, Pamie, Tontie, je me die que ce sont plus des neutres que de l’inclusif, étant des termes affectifs.

A noter que neutre ne veut pas dire “une personne non-binaire doit préférer ça” ! De même, une personne non-binaire n’a pas à préférer 100% l’inclusif ou 100% le neutre. Genre je préfère adelphe, mais niève.

Masculin / Féminin Inclusif Neutre
Père / Mère Parent -
Papa / Maman - Paman
Papy / Mamie - Pamie
Frère / Soeur Adelphe -
Confrère / Consoeur Condelphe -
Paternité / Maternité Parentalité Neuternité
Fraternité / Sororité Adelphité -
Oncle / Tante Parelphe Ontie, Tancle
Tonton / Tata - Tontie
Neuve / Nièce Népote, Nielphe Niève
Homme / Femme Personne, Adulte Lœmme, Lumme (1)
Garçon / Fille Enfant Fim (2)
Fils / Fille Enfant Fize
Roi / Renne Monarque Rei
Duc / Duchesse - Dux
Héros / Héroïnes - Héroal
Dieu / Déesse Divinité Déal
  1. Neutrois, Enby... marchent aussi pour les personnes de ces genres.
  2. Enby peut aussi être utilisé dans ces contextes pour les personnes enby, même si la notion d'age ne sera plus présente.

Accords

Voici une tentative de condensé tout ce que j’ai dis plus haut sur les flexions.

Masculin / Féminin Inclusif/Neutre Exemples Notes
-é / -ée Aimæ
-i / -ie -ix Finix -xs au pluriel
-u / -ue -ux Perdux -xs au pluriel
-l / -le -lx Principalx -xs au pluriel
-el / -elle -èle Intellectuèle
-il / -ille -ile Gentile
-t / -te -txe Avocatxe t muet
-d / -de -dxe Grandxe d muet
-s / -se OU -x / -se OU -c / -que OU -c / -che -xe Piémontaixe, Heureuxe, Blanxe, Grexe se prononce -kse. Exception : Sec, Sèce
-if / -ive -ifve, -aive Actifve, Actaive
-e / -esse -exe, -em Prêtrexe, Pricem (2) Pour certains mots comme Prince, on préférera le neutre à l'inclusif pour éviter les jeux de mots
-er / -ère -ére, -em Printaniére, Printaniem
-en / -enne -enxe, -em, -an Citoyenxe, Citoyem, Citoyan
-an / -ane -anxe, -am Musulmanxe, Musulmam
-on / -onne -onxe, -om Démonxe Démom
-ain / -ine, -in / -ine -inxe, -aine Copinxe, Cousaine
-un / -une -unxe, -um Chacunxe, Chacum
-eur / -rice -eurice, -aire Acteurice, Actaire
-eur / -euse -eureuse, -aire Danseureuse, Dansaire
-eur / -eure -eurx, -aire Docteurx, Doctaire -xs au pluriel pour la forme en -x

Notes :

  1. Pour les féminin en -esse, plusieurs forme en -esse ont déjà disparu, et on peut se dire que le masculin actuel peut évoluer vers de l’épicène. On dit par exemple bien plus souvent une maire et non une mairesse. Tout comme on dit “elle est passée maître dans l’art de…”.
  2. Evite un jeu de mot douteux pour celui-là… On pourrait aussi se rapproche du latin avec des formes en -eps : Princeps, Maitreps, etc.

Conclusion

Cet article a eut pas mal de révision, et ma liste à beaucoup changée depuis sa conception. Notamment, le final reprend bien plus du système -al d’Alpheratz que j’aurais pensé, malgré mes questionnements initiaux, ce qui montre je pense la force de certain de ses choix.

Pas mal d’aspects sont encore en réflexion, que ce soit côté du vocabulaire (notamment parce que pour moi, cette question est “comment je veux me designer”), et aussi au côté des flexions. Je reste à préférer éviter si je peux les formes en -aine et les formes en -an, du aux confusion possible avec les masculins/féminins d’autres mots, mais je me rapproche d’un truc que j’apprécie.

Au début, je voulais un système avec une grande régularité des vocables, notamment niveaux des pronoms, mais le féminin et le masculin en ont des très différents dans notre langue, donc ça me gène moins. Les formes avec -x ou -m gagnent en place dans mon coeur, a voir ce que ça va donner.

Après, évidemment ceci ne sont que des réflexions, et chacum fait comme iel veut :)

Miniature : Drapeau Non-Binaire en CGI, par aerrapc