Récemment, la fondation Debian a vôté que l'IA "devait être utilisée de manière raisonnable". De plus en plus, je trouve que ces dernières années ont rendu encore plus évidente les limites du logiciel libre. Pour donner quelques exemples d'évenements en questions :
- L'utilisation de l'IA générative est utilisé par pleins de projets, alors même que sa création attaque le logiciel libre et provoque plein de soucis d'un point de vue des droits, et d'un point de vue écologique puisque cela consomme une partie énorme des ressources disponibles sur la planete, et empire le réchauffement climatique.
- Linus Torvald à défendu l'IA et dit clairement que le projet Linux n'était pas un projet de "combat social", se positionnant dans la longue tradition techbrocentriste
- La fondation Linux a posté un message pour son anniversaire ou un truc du genre… avec un dessin généré par IA.
- Framework qui supporte Omarchy, une "distribution Linux" (en fait juste un tas de script vibe-codés), fait par une fasciste notoire DHH. Ça a été justifié par une approche "Big Tent". Perso j'appelle plus ça un Nazi Bar.
- Le président de la fondation KDE qui est bien fier malgré ça que KDE Fedora edition soit utilisé par Framework.
- La créatrice de Elementary OS a été critiquée pour trop se "concentrer sur l'accessibilité" (le niveau de wtf est haut) dans ses dernières releases.
- Il y a globalement de grosses difficultés à avoir une accessibilité correcte (même si cela s'améliore grâce à des initiatives récente), en partie du à un manque de financement constant.
- Plusieurs logiciels sont sponsorisé par des fondations comme Palantir et/ou Anduril, qui fait partie de la tech autoritaire avec un fondateur estimant que la "liberté et la démocratie ne sont pas compatible". Un exemple à cela a été la NixCon de 2024 avec comme sponsor Gold Anduril.
- J'ai déjà parlé des soucis autour de Firefox dans mon article sur les navigateurs web.
- Le fedivers est pleins de soucis de racismes, et beaucoup de personnes racisée ne se sentent pas en sécurité dessus, partant sur du coup plus Bluesky voir les réseaux privateurs (chose ignorée par même des libristes pourtant gauchistes, mais blanxes).
Les entreprises notamment poussent ce genre de truc (tel que Red Hat pousse l'IA, heureusement certains projets banissent entièrement l'IA ce qui limite la casse), mais c'est aussi le résultat d'un manque de conscience politique du logiciel libre qui existent depuis des années, on ne peut pas utiliser les entreprises pour absoudre de toute responsabilité les personnes contribuant à ce que ce soit la merde. Surtout que tout ça, c'est sans compter le harcèlement lgbtphobe, racistes, validistes, etc… qui existe, notamment de la part d'une portion d'utilisataires complotistes, notamment de gens de 4chans ou reddit. A chaque fois qu'un des gros projets fait un post pro-LGBT, le projet se prend plein d'attaque, de harcèlement, etc.
Bref, y'a des soucis. Est-ce que c'est pire que le monde de la big tech ? Nan, ils participent ouvertement à aider les projets fasciste de Trump et de ses potos du club des facho (que ce soit les chefs d'états de pays sous le joug de l'extreme-droite pro-US, ou les CEO de ces entreprises, les gens comme Thiel, Musk, etc). Cependant, les soucis du monde privateur ne doit pas nous faire accepter ceux qu'il y a chez nous. Ce n'est pas parce qu'ailleurs ils veulent notre mort à toustes, que je vais accepter ceux qui nous insultent dans le monde du logiciel libre, ou ceux qui les acceptent parce que "apolitique". Pour l'IA en particulier, je vois beaucoup de gens dirent que c'est "inévitable" ou "pratique" et que ça aiderait face au "mainteneur burnout". Pour ce dernier, on est face à la pensée techbro classique : une solution technique à un soucis social. Le burnout des mainteneur est surtout le résultat de la charge de travaille que les utilisateur (et parfois les entreprises, comme pour libxml2) leur mettent dessus, parfois de manière aggressive. L'IA va juste augmenter les attente en terme de productivité (et causer des bugs à corriger).
Bref, je pense que le libre n'est pas suffisant. C'est une position que je défend depuis des années (qu'il ne faut pas soutenir un projet juste parce qu'il est libre et qu'il faut voir le reste de son éthique aussi), et qui est loin d'être rare. C'est une blague très courrante de reprendre le « At long last, we have created the Torment Nexus from the classic sci-fi novel Don't Create The Torment Nexus » (« Nous avons enfin créé le Nexus du Tourment du roman classique de science fiction "Ne créez pas le Nexus du Tourment" », une blague d'humour amer envers la tendance de la tech à reproduire des choses qui était des avertissement dans la science-fiction) pour en faire que les fans du libre irons créé "OpenTormentNexus", qui au moins est libre/open-source ! Et les soucis dans la communauté Linux sont également connu et documenté depuis des années, ce n'est pas nouveau, et j'ai même dit que les quatre liberté ne suffisaient pas.
Bref, pourquoi j'en parle aujourd'hui ? Et bien… Fais un geste vague sur l'état entier du monde. Parce que tout vas mal ! Là on a une accélération de ce genre de soucis. Bref, du coup ou je veux en venir, et qu'est-ce qu'on peut faire ?
Une des premières solutions qui est proposé, ce sont les licences ouvertement antifascistes. Un exemple à cela est la licence "I'm so tired", qui interdit explicitement aux entreprise capitalistes, gouvernementale et/ou pleine de haine d'utiliser le logiciel (et aux gens adoptant des idéologies de haine). L'idée est d'autoriser les gens à utiliser notre logiciel, mais de ne pas fournir notre travail gratuit à des personnes ou entités faisant du mal. C'est un concept je trouve très intéressant, cependant, c'est pas toujours possible. Les licences de logiciel libre ont une longue histoire, et changer la licence n'est pas toujours possible, notamment quand on travaille avec une licence copyleft (parce qu'il faut l'accord de toutstes les contributeurices). Mais après, même sans ça, les fondations devraient faire mieux. Nous devons faire pression auprès des projets où nous contribuons pour que, même s'ils ne peuvent pas empêcher les gens mauvais d'utiliser le logiciel, pour prendre une vrai position.
Au global, qu'est-ce qu'on peut faire, à notre niveau ?
- Faire pression sur les grosses fondations pour qu'elles prennent des décision d'avoir une approche éthique, qui regarde plus que juste les questions de licence. Et ne pas hésiter à tenir des comptes, à bien rappeller au public qui a fait quoi.
- Ne plus accepter les partenariat avec les fascistes (comme DHH) ou les marchant de morts (comme Anduril/Palantir, donc fasciste aussi)
- Ne pas accepter le slop, ne pas accepter les projets vibe-coded.
- Encourager et soutenir les projets qui ont fait des choix éthiques : Un mainteneur d'ArchLinux à dit ouvertement que DHH, la fondatrice d'ElementaryOS est anti-IA et antifasciste.
A noter que je ne dis pas "il faut réussir à avoir un systeme 100% sans IA et 100% éthique". C'est quasiment impossible, et c'est comme shame les gens sous Windows : c'est stupide et contre-productif. Les gens ont des limites à ce qu'iels peuvent faire. On peut faire ce qu'on peut, et on peut faire pression pour que les choses changent.
Et pour l'IA, il est tout a fait possible d'interdire les contributions générée par LLM, comme a fait par exemple le projet libadwaita et d'autres projets similaires. On voit pleins de "projets construit en quelques jours par IA", mais la construction c'est le plus simple. Ensuite y'a la maintenance.
Le libre ne suffit pas. Et si cela continue, tout ces soucis d'éthique feront juste que le libre aura échoué, qu'il ne sera qu'un outil de plus du systeme, et non l'outil de libération qu'il a clamé être. Mais je pense que certain⋅es, c'est ce qu'iel veulent.
Bref, c'est mon petit coup de gueule.