Saluton ! Oui okay c’est un peu classique de commencer un article sur l’esperanto comme ça. J’ai depuis quelques temps commencé à apprendre l’esperanto, en grande partie grâce à un article d’Emy sur le sujet qui fournis d’excellente ressources pour l’apprendre.
Du coup, j’ai décidé de me mettre à la langue, et d’y réfléchir un peu parce que j’aime faire des gros pavés. Dans cet article, j’aimerais du coup un peu parler de l’histoire de l’Esperanto, de pourquoi cette langue m’intéresse, et de son idéal derrière. Pour des ressources pour l’apprendre je vous conseille plutôt l’article d’Emy.
L’esperanto, c’est quoi ?
L’esperanto est une langue construite, créée en 1887 par Louis-Lazare Zamenhof (un médecin polonais juif ayant vécu dans un espace où étaient en conflit des Allemand, Polonais et Russes). Elle a pour objectif d’être une langue auxillaire mondiale, que les gens apprendraient à côté de leur langue d’origine afin de communiquer avec les gens du monde entier et d’unir les peuples, et de permettre plus de paix par la compréhension.
Cette langue a été conçu donc avec des caractéristiques l’aidant à être simple à apprendre : peu de règle, un système agglutinant (les nouveaux mots se forment souvent avec des combinaisons de racines, voir avec un systèmes de suffixes), et on peut facilement transformer un verbe en nom commun, adjectif, adverbe, etc (et vice versa). Par exemple, belo (le beau, nom commun), bele (“bellement”, “de manière belle”, adverbe), bela (beau/belle, adjectif). Et avec les affixes on peut avoir belulo (quelqu’un de beau, avec -ul- qui designe une personne dont la partie précédante est la particularité), belulaĉo (un bellatre, avec -ul- puis -aĉ- qui est le péjoratif), etc. Musico (la musique) peut devenir musici (faire de la musique), et avoir ensuite des formes différentes suivant le temps (musicas au présent, par exemple). La régularité de la langue fait vraiment sa force, pour moi, et aide vraiment à apprendre plutôt vite la langue.
La langue à commencé par bien démarrer, mais s’est pris ensuite une grosse perte de vitesse à cause de la montée des nationalismes pendant la première guerre mondiale, puis les régimes nazi et staliniens qui les ont vu comme une menace à éliminer, parce que le mouvement esperantiste prône un idéal de paix et d’entraide entre les peuples qui est fondamentalement contraire au fascisme et au totalitarisme. Il a à côté de cela gagné en vitesse grace à internet qui permet de plus facilement le découvrir et de s’y intéresser, et les différents cours en ligne qui existent. L’histoire de l’esperanto est plus vaste et riche bien évidemment que ce que je viens de dire, il y a eu par exemple des schismes avec la naissance d’esperantido (des dérivés de l’esperanto) dont le plus connu est l’Ido qui vise à corriger quelques soucis de l’esperanto (mais en introduit d’autres pour beaucoup, tel qu’être très latino-centré). Il y a aussi eut des varientes créées pour s’amuser, tel que des sociolectes comportant un patois, ou une version “archaïque” visant à traduire les passages en vieil anglais dans les textes (c’est utilisé notamment dans la traduction du seigneur des anneau pour le parlé des elfe).
L’esperanto possède une instance officielle, l’académie d’Esperanto, mais comme toute langue, en fin de compte c’est l’usage qui compte vraiment. Il existe plusieurs façons de parler l’esperanto, avec notamment des projets de réformes des genres, dont je reparlerais dans un article futur.
La culture esperantiste
Une critique qui est souvent faite de l’esperanto est qu’elle n’aurait pas de culture. C’est plus complexe que ça. C’est plus que l’esperanto est une langue neutre (enfin, pas à 100%, elle contient quelques biais occidentaux) dans le sens où aucune grande puissance ne l’utilise, et qui ne dépend pas d’une culture, pas d’un peuple ou une nation.
L’esperanto n’impose pas de culture, et laisse chacun⋅e venir avec sa culture, et je pense que c’est aussi une de ses forces. Si l’esperanto à une culture et une histoire qui s’est formé pendant ses siècles d’existence (la langue à même évoluée), cette culture et histoire n’est pas celle d’un pays - même si elle est très lié au fait que l’esperanto est plus présent dans les pays occidentaux. Cette culture est aussi éminament politique, et reflète un idéal, et ses aspects propres sont lié à sa position de langue partagé entre des gens très différents.
Une grande partie de la culture esperanto de ce que j’ai vu existe en deux catégories :
- Des éléments de différentes cultures traduits en esperanto, avec souvent un petit côté “chacun amène sa/ses culture(s)” qui peut être assez cool.
- Des éléments culturels fondées sur la notion de partage et coopération internationale de l’esperanto.
Premièrement, les éléments de cultures mondialisées ou non traduits en esperanto (par exemple, le seigneur des anneaux qui est un succès mondial à une traduction en esperanto, j’ai vu des romhacks Pokémon le traduisant en esperanto, etc). On peut en trouver pas mal en France dans la boutique d’esperanto-france. Souvent, les éléments souvent très diffusés auront le plus de chance d’avoir une traduction en esperanto, parce que y’a plus de chance que quelqu’un soit intéressé, cependant l’esperanto peut aussi participer à faire découvrir des éléments culturels d’autre peuple, parce que quelqu’un s’est intéressé à le traduire ! On y trouve aussi des oeuvres qui hors de la culture mainstream mondiale on cette vocation à être lisible par toustes, tel que la bande dessinée Pepper & Carrot qui possède une traduction en esperanto. C’est pas pour rien qu’on retrouve l’esperanto dans pas mal de projet du logiciel libre, y’a cette même volonté de faire quelque chose au dela des frontières des pays ! Par exemple, wikipedia à une version en esperanto.
Y’a même le vocabulaire furry qui a été traduit en esperanto (pour la petite histoire, un furry dans le sens membre du fandom furry se dit felano en esperanto. De felo (fourrure), -an- (membre de)).
De plus, toute une culture créé directement en esperanto existe. On y retrouve des livres, pas mal de poésie, de la musique, etc. Parfois en fait l’envie de créer en esperanto est un moteur de création et c’est cool. Je n’ai pas encore trop lu d’oeuvre originale en esperanto (mais j’ai bien envie de mettre l’esperanto dans un de mes univers de SF comme aspect important).
Je pense qu’il faut faire attention à un point, a éviter que ce ne soit juste que la culture mondialisée (souvent d’origine américaine) qui devient la culture de la communauté esperantiste. Idem, comme pas mal de gens viennent des pays occidentaux, il faut faire attention à ce que la culture esperantiste ne soit pas trop occidentalisée.
Mais je pense qu’une partie de la culture esperantiste se fait aussi tout simplement dans la communication. L’esperanto est une langue avant-tout faite pour communiquer avec son prochain, pour s’exprimer. Ce qui est bien avec l’esperanto, c’est qu’on va rencontrer des gens différents, mais qui généralement ont cette envie de partage, d’amitié entre les peuples. L’article de wikipedia sur la culture en esperanto contient un titre qui décrit bien tout ça : “Culture propre ou communauté interculturelle ?”.
C’est pour moi les deux à la fois : une communauté interculturelle qui contient une culture propre. De plus, je pense que le mieux est d’avoir des cultures espérantos. La mienne se mixte beaucoup avec la culture queer (notamment parce que je suis iĉiste et riiste - deux modifications de l’esperanto gérant mieux le genre neutre).
Et dans tout les cas, la culture esperantiste est à voir comme une culture en plus, parce je pense que l’aventage aussi du point de vue antinationalime, qui ne met plus la culture nationale comme étant “la culture” d’une personne, c’est qu’on peut voir qu’il existe des tas de cultures hors de celles mis en avants par les nations :
- Les cultures queers
- Les cultures punk, les subcultures
- Les cultures de “genre” (science fiction, etc)
- Les cultures formées par les minorités de pays
Et pleins d’autres, notamment qui sont en intersection ! Du coup, la place pour moi d’une “culture esperanto” est d’une des cultures qui peut exister et relier les gens, tout en laissant l’espace pour les autres cultures.
Pourquoi l’esperanto ?
On peut se demander pourquoi on prendrait du coup le temps et l’énergie de faire avancer l’esperanto, quand y’a déjà tant à faire. Déjà, j’aimerais dire que si c’est un encouragement à apprendre l’esperanto, où ne serait-ce que s’intéresser à ses idéaux, je ne dis pas que les gens ne l’apprennant pas font quelque chose de mal. Chacun⋅e fait ce qu’iel peut avec le temps qu’iel a. C’est difficile, et on peut même apprécier l’esperanto et son idéal sans l’apprendre !
Personellement, je pense que l’esperanto est une réponse importante à la période actuelle. Les portes se referment, et la culture mondiale américaine est sous le joug d’un tyran, qui vise a détruire l’entraide pour la remplacer par sa puissance et celles des corporations. L’homme le plus riche du monde tente d’influencer l’europe pour faire tomber toutes nos structures de solidarités, pour les remplacer par le fascisme.
L’esperanto répond à ça, pour moi :
- L’esperanto n’est pas la langue d’un empire, mais celle d’un idéal de coopération.
- L’esperanto appelle à l’unité plutôt qu’à la division.
- L’esperanto est ouvert aux différentes cultures, et enrichis par elles.
- L’esperanto vise à être une langue simple accessible à toustes.
- L'esperanto apporte une ouverture sur le monde, sur des façon de parler différente. Comme la langue est simple, cela peut aussi être un point d'entré sur apprendre plus de langues !
Même si l’esperanto a ses travers (par exemple certains mots gardent le “masculin par défaut”, et le féminin en dérive, même si l’immense majorité des mots sont neutre par défaut, déjà parce qu’il n’y a pas de genre grammatical), la communauté esperantiste travaille sur tenter de résoudre ça (dans notre exemple, avec des projets de réformes des genres, et déjà des mots ont été adapté par certain⋅es esperantiste pour améliorer ça). Et beaucoup des jeunes personnes qui s’intéressent à l’esperanto s’y intéressent dans cet esprit d’ouverture et de partage. (Et d’ailleurs, même sur le point de mon exemple, c’est largement plus simple d’avoir un langage neutre en esperanto qu’en français).
L’esperanto ne résoudra pas les soucis. Cependant, il faut remettre en avant pour moi les idéaux d’un monde meilleur, d’un monde où on échange et s’entraide.
Face au chacun⋅e pour soi, il faut rappeler la solidarité.
En conclusion, je pense que l'esperanto est un projet cool, et qui en fait déjà apporte beaucoup. Si vous avez eut envie de commencer l'esperanto suite à ça, je vous conseil l'article d'Emy dont j'ai parlé au début ^^