Aux US c'est la neutralité du net, en Europe les liens ?

Rédigé par Kazhnuz -

Je crois qu'il n'y a pas de complot dans le monde, mais des épidémies de foutage de gueule massives (on commence dans la subtilité et la bonne humeur). Pendant qu'aux US c'est la neutralité du net qui a été attaquée, en Europe des lobby veulent "tout simplement" s'attaquer aux liens hypertexte, base du web. À la base de cette nouvelle ? Cette lettre ouverte, même si elle n'est pas trop ouverte non plus puisqu'il faut être abonné du monde.

Grossomodo, qu'est-ce que veulent les lobby journalistiques ? C'est assez simple : ils estiment qu'en tant que producteur d'un contenu qui est "utilisé" par des plateformes qui font des liens vers eux, ils leur "fournissent du contenu" et qu'ils devraient donc recevoir du fric pour chaque lien entrant vers eux. Son idée est qu'en matière d'information, la gratuité est un mythe (c'est pas faux), et que leur créateurs paie pour un contenue que des plateforme en ligne utilise ensuite. Ils visent notamment FB et Google, mais dans cette attaque qu'on pourrait croire juste dirigée envers les GAFAMs, c'est à la libre création de liens sur internet qui s'attaque, et c'est un peu génant parce que c'est une des bases du web.

L'article de Julia Reda sur le sujet explique très bien à quel point c'est dangereux de s'attaquer aux liens parce que c'est une des bases du web, et je ne pourrais trop vous recommander de le lire.

Le web, c'est une interconnection de différentes pages, site et services entre eux, à travers cet outil fondamental qui est le liens hypertexte. Le Web, ce n'est en fin de compte qu'une série de page avec plus ou moins d'interactivité, avec des liens fait entre ces pages. Tuer ce lien, c'est donc s'attaquer à tout un modèle d'accès à l'info, où plus précisément de partage de source d'accès à l'info.

En effet, l'accès gratuit à l'information, il est pas fait par les plateforme qui font des liens. Ce n'est pas google qui a rendu gratuit les journaux en ligne, ce sont les journaux en ligne eux-même. Je veux dire, on se calme les gens, Google à fait assez de merde pour pas qu'on en rajoute d'autres :'D. Ce que font ces plateforme (et aussi bien des GAFAMs que des services libres et open-source tels que Searx, Diaspora*, Mastodon…), en mettant un lien n'est pas "mettre à disposition du contenu", c'est indiqué où ce contenu peut-être trouvé sur internet.

D'ailleurs, on peut faire remarquer que le Monde, en publisant ce texte sous forme de texte qui ne peut être lu qu'en payant trouve cela : cela montre que si on ne met pas le texte à disposition, ce ne sont pas les moteurs de recherche et les réseaux sociaux qui le feront.

Julia Reda cite dans son article Prof. Höppner, avocat des éditeurs allemands lors d’une affaire contre Facebook et Google, qui indique bien quel est le but d'un tel projet :

Ceci est un droit à la prohibition. C’est un droit qui permet de s’assurer qu’il n’y a pas de plateformes qui apparaissent n’importe où, n’importe quand, exploitent des contenus publiés ailleurs et basent là-dessus leur modèle commercial. Le but premier et principal est d’empêcher ces exploitations commerciales – purement et simplement, d’empêcher leur existence.

En visant le lien, dans ce but assumer, c'est donc une attaque contre les principes même du web qui sont fait, au nom d'une volonté de contrôler même la mise à disposition du chemin pour aller vers le contenu.

Maintenant, on peut se poser la question pragmatique : quel serait les effets d'une telle loi ?

Tout d'abord, cette attaque contre les liens pourrait provoquer une isolations des différents services entre eux, et le fait de rendre plus difficile la capacité à commenter, discuter d'un article, d'autant plus quand le but avoué est de pouvoir tuer les modèles économiques basés sur les liens (ou en tout cas de les faire raquer).

Ensuite, ce serait un acte mauvais pour les médias eux-même. Parce que bon, si les plateforme de diffusion décident de pas payer, et bloquent les médias concernés, je pense que ce serait eux qui vont souffrir le plus, pas lesdites plateformes. Je veux dire, si demain, plus aucun lien extérieur ne redirige vers Le Monde, ou Le Figaro, ou n'importe quel autre média, les média concernés vont perdre des tas de lecteurs, et surtout d'autres médias vont en profiter pour prendre la place. Cette volonté isolationniste est une mauvaise idée pour les média aussi, voir pour eux en premier.

J'ai déjà dit dans mon coup de gueule sur les événements qui s'étaient produit autour de la Neutralité du Net que j'avais peur de voir dans le monde d'internet des situations proches de celles du monde du multimédia, avec des trusts qui veulent controler tout les étages de la production. Et j'admet que je me demande si cela ne pourrait pas arriver que dans un tel cas, les Géants du Web ne deviendraient pas intéressé pour financer leurs propres groupes de presses… Et franchement je pense que ce ne serait pas bon, et que cela provoquerait des risques assez énorme niveau hyper-centralisation. (Et je parie que certains signataire de la lettre ouverte seraient les premiers à critiquer cette concurrence déloyal… :') Non pas qu'ils en auraient tors, mais il y aurait un aspect "arroseur arrosé" presque digne d'un vieux cartoon. )

Je pense que cela risquerait encore une fois d'amplifier le phénomène de centralisation des médias, qui existe déjà. Ce serait également un gros soucis pour pleins de petits sites qui n'ont pas la puissance financière d'un FB et tout. Et un dernier soucis que je vois, c'est pour pas mal de "petits journaux" qui risqueraient de raquer si les GAFAMs décident de bloquer tous les média plus "traditionnels" sans discernement, parce qu'ils pourront bien plus difficilement être découvert et diffuser à leur communauté.

Bref, je pense que c'est une bien belle connerie, et qui pourrait donner des résultats assez catastrophiques.

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Neutralité du Net, petite mise au point

Rédigé par Kazhnuz -

Note : Cet article est une refonte d'un thread que j'ai fait il y a de cela un moment, il n'y aura pas grand chose de plus que ce que j'ai dit, donc vous pouvez skipper entièrement cet article si vous avez lu le thread :)

J'ai vu pleins de thread sur twitter sur le vote contre la Neutralité du Net, une des plus anciennes règles d'internet, qui avait été mise sous forme de loi en 2015 par l'administration d'Obama. Du coup, je fais cet article pour vulgariser un peu la question. Le but n'est pas de faire une explication 100% exacte d'un point de vue technique, mais de vulgariser les enjeux de la question. Je tiens à préciser que c'est une version article d'un thread twitter que j'ai fait sur le sujet, ce qui fait que cela pourra peut-être vous sembler un peu redondant, mais j'essaie de mieux expliquer et de mieux m'exprimer sur certains aspects qui étaient toujours un peu flou.

Tout d'abord, qu'est-ce que la neutralité du net ? C'est un concept assez simple, l'idée qu'un opérateur, un fournisseur d'accès à Internet ne peut pas traiter un flux de donnée différemment d'un autre. Un paquet d'information venant de twitter doit être traité de la même manière qu'un paquet venant de FB, etc. Un opérateur ne peut donc pas faire qu'un flux de donnée venant de youtube soit plus rapide qu'un autre venant de dailymotion, ni même qu'un petit sytème de vidéo sur le site perso de Jean-Canard.

Cela ne veut pas dire que y'aura aucune différence de vitesse dans les faits entre les différents sites, cependant, puisque la vitesse d'une connection n'est pas dûe qu'à notre opérateur, y'a aussi le nombre de serveur, la puissance desdits serveurs, s'il y en a proche de chez nous, etc… Cela veut dire qu'un FAI ne peut pas privilégier certain services à d'autres. Une étape suivante et encore pire est de carrément bloquer certains flux, et faire que seul quelques sites seraient disponibles, mais rien que bien brider le reste, c'est déjà une atteinte à la Neutralité du Net puisqu'il y a discrimination des flux.

La fin de la neutralité du net donne donc la possibilité à des opérateurs de mettre sur des débits différents certains services. Cela ne dit pas exactement ce qu'ils vont faire de cette possibilité, ni exactement qui ils vont faire payer pour avoir accès à un service sur un débit de meilleurs qualité. Une première possibilité est qu'ils feraient payer les utilisateurs finaux pour avoir accès à un service sur un haut débit, la seconde est qu'ils feraient payer le propriétaire du service pour que le service soit sur la ligne "rapide" chez eux. Les deux sont problématiques pour un internet libre, pour des raisons qu'on verra plus tard.

Ce que craignent principalement les défenseurs de la neutralité du net (moi compris), c'est un certains nombre de possibilités, pas forcément exclusives. - Un fractionnement des abonnements internet en "pack" - Une hausse des prix pour avoir un internet "complet". - Une minitelisation du net et une centralisation autour des gros services existant. - Plus de tentative chez les opérateurs et les gros services internet de s'influencer mutellement.

Les deux premières possibilités sont liées à l'idée que ce serait les utilisateurs finaux qui pairaient. Si cette crainte n'est pas l'unique crainte à avoir, je ne suis pas totalement d'accord avec ceux qui l'excluent : On est face à une dérégulation, et cette dérégulation ne dit pas comment sera modifié le paysage économique des opérateurs. Dire qu'ils vont forcément faire payer uniquement les propriétaire des services, ça me semble un peu rapide comme déclaration.

Le fractionnement d'internet en "pack", c'est l'idée d'avoir un pack "social" (twitter, fb…), un pack "vidéo" (youtube, dailymotion), etc. Un des gros soucis de cela est que ça détruirait le principe même d'internet et du web, c'est à dire cette possibilité de naviguer de lien en lien, d'aller d'un site à un autre. C'est ce qu'on voit déjà dans la fameuse affiche d'une compagnie mobile du Portugal, qui est un peu hors sujet cependant, puisque ce sont des ajouts au forfait data pour un certain nombre de service. Mais c'est la crainte qu'ont une partie des défenseurs, et je ne pense pas qu'elle soit strictement impossible. Je ne crois pas qu'ils "bloqueraient" purement et simplement le reste, mais qu'on pairait pour avoir ces services sur la bande rapide. Cela fractionnerait artificiellement ce qui est un gros réseaux interconnecté, et en ferait une sorte de "télé 2.0".

Internet n'est pas une série de services, mais un réseau qui connecte des machines et des personnes dans des modalités diverses. Un tel fractionnement abimerait fortement cela.

Le second soucis que provoquerait un tel fractionnement s'il arrivait, ce serait l'augmentation des prix que cela pourrait causer. Parce qu'à force de devoir ajouter des "pack" à son offre de base, on se retrouvera avec un choix entre un internet bridé, où un internet cher. En résulterait du coup une situation où ce serait encore une fois les personnes les moins riches qui seraient les plus affectées, et la création d'un internet à deux vitesse.

Ces deux soucis arriveraient surtout dans le cas où ce serait l'utilisateurs final qui devrait payer pour avoir une bande passante haute pour certains services. Cependant, le dernier soucis dont je vais parler, et qui selon moi est le plus grave est celui de la Minitelisation du Net. La minitelisation du net, c'est cette centralisation progressive d'internet (surtout du web, mais aujourd'hui une majeure partie de nos interactions avec internet sont par le web) autour de ces gros services majeurs. C'est un processus qui existe déjà, malgré les tentatives de contrecarrer cela : il est déjà difficile de lutter contre les GAFAMs, ou Géant du Web. S'il est possible de s'en passer en partie et totalement, ils sont devenu une majeure partie de la consommation sur internet.

L'aventage de la neutralité du net, c'est qu'un petit service est tout aussi bien loti qu'un gros service au niveau du transit de ses données, et je dirais même que dû à ça, un gros service coute plus cher puisqu'il faut les data-center, la consommation énergétique, tandis qu'un petit service que j'héberge par moi même me coute moins. La fin de la neutralité du net pourrait provoquer un déséquilibre, et je doute qu'il serait prompt à aider les plus petit.

Si c'est l'utilisateur final qui a a payer, on peut craindre que les propositions de meilleur débit soit surtout offert pour les services qui ont déjà du monde dessus. Les sites qui vont le plus souffrir de la fin de la Neutralité du Net seront surtout les petits sites et services, ceux qui n'ont pas derrière une puissance financière pour faire des accords avec les opérateurs internet, et du coup être compris dans leurs abonnement.

Cependant, ce serait encore plus fort encore pire si le but est de faire pour les opérateurs une source de revenu des deux côtés, avec l'idée qu'ils feraient aussi payer les sites pour avoir accès à une meilleur bande passante. L'idée souvent émise est qu'il y aurait plusieurs niveaux de débits, plus où moins élevé. Encore une fois, ce serait ceux qui auraient la puissance financière de faire des accords qui auraient le plus de chance d'être sur les meilleurs débits. Parce que pour un petit concurrent à ces sites, ce serait un plus gros coût sur leur chiffre d'affaire de payer tout ça. C'est plus simple pour Netflix/Youtube de payer un tel coût en plus que pour un petit concurrent qui arrive sur le marché qui en aura pourtant aussi besoin. Surtout quand on peut voir que des géants du web paie pour le fait de poser des nouveaux câbles sous-marin et tout.

C'est pour ça que je rigole un peu à l'argument "ouais mais la neutralité du Net, les GAFAMs veulent ça donc cépabien" : lesdits GAFAMs seront ceux qui vont être le moins affectés négativement dans toute cette affaire, et je pense que ça renforcera même la centralisation autour d'eux, pour les raisons cités plus haut. Les petits services/sites risquent fortement d'être ceux qui seront le plus souvent bridés, et qui donc en plus des soucis qu'ils ont déjà dû au fait d'être moins utilisé (moins d'argent pour se développer, moins d'utilisateurs donc moins d'attrait), ils risqueraient aussi d'avoir un défaut en plus sur la liste : "il sont moins rapide". Ce serait un coups dur, à une époque où on est beaucoup à vouloir redécentraliser internet (comme en témoigne des projets de Framasoft tels que les campagnes #DégooglisonsInternet, #Contributopia ou les #CHATONS).

Bref, la nature "anti-monopole" du truc je n'y crois absolument pas du tout. Pareil pour l'idée que cela briserait les monopoles actuels dans le monde des fournisseurs d'accès à Internet. Je pense que même si les "géants du web" veulent payer pour aller sur la bande forte, et n'y vont pas au forcing, ils paieront surtout pour les plus gros, avec le plus d'utilisateurs et puis basta. D'autant plus que pour les FAI, avoir l'argument "FB est plus rapide" lors offrira plus d'utilisateurs. Et je pense qu'il y a un dernier risque : celui que les gafam s'insinue trop dans l'aspect FAI et l'inverse.

Je pense également que la Neutralité du Net est aussi une des choses qui empêche d'avoir trop des situations de tentative de produire des situations de connivence entre acteurs, avec des grands services sur internet voulant racheter des opérateurs, où l'inverse. C'est dans un tel situation que ça deviendrait le plus problématique, avec la possibilité de plus aider les services d'une même société-mère. Pour l'instant, on en est pas là, mais ce genre de situation font partie de ce dont nous protège la Neutralité du Net, il faut bien s'en rendre compte.

Le but de se post n'est pas de prédire "ce qui va arriver", c'est d'indiquer du genre de cas de figure dont nous protège la neutralité du net : la neutralité du net sépare d'un coté les opérateurs et de l'autre les grands services internet. S'il est juste qu'il n'est pas facile d'être un opérateur internet, c'est ce qui nous empêche d'avoir des situations telles que celles des ventes liées dans le domaine des systèmes d'exploitation (ou on se retrouve face à des grands monopoles), où du multimédia où c'est parfois l’entièreté de la chaîne de production allant de la création d'une œuvre à sa diffusion qui peut appartenir à un même groupe. Ici, on a une partie, celle la plus proche de nous qui se doit d'avoir un peu de recul avec les producteurs de contenus puisqu'ils doivent traiter chaque paquet internet de manière égale.

On parle aussi de tous les risques d'utilisations partisane de la situation, avec le fait de vouloir offrir plus de visibilité à certains type d'idée et de bloquer plus souvent les messages qui ne plairaient pas à la classe politique. Personellement, je pense que les influences directement par la classe politique n'est pas le seul risque "politique" de cela (ni même le premier) : aucun service ni algorithme n'est "neutre" politiquement et comporte une certaine vision du monde qui peut influencer (voir l'histoire du mode "restreint" de youtube qui bloquait des vidéo de gens lgbt), et rien que créer cette situation de déséquilibre est un risque. D'autant plus que ces algorithme peuvent être utilisé pour influencé, en démontre des tas de choses qui ont été remarqué lors de l’élection de Donald Trump.

On peut imaginer que face à tout ces problèmes, les fournisseurs d'accès à internet alternatifs vont petit à petit se développer. et gagner en importance. Mais je crains qu'au moins au début, ils seront surtout utilisés par ceux qui connaissent, qui savent où en trouver…

Bref, la fin de la Neutralité du Net serait une situation extrèmement problématique, et qui pour moi pourrait avoir un certain nombre de conséquence et pour les acteurs sur internet qui subirait un déséquilibre qui poserait encore une fois plus de soucis aux petits acteurs, aux communautés (notamment celles qui produisent des outils décentralisés et libre), mais aussi pour les utilisateurs finaux, qui perdrait une partie du potentiel de découverte qu'offre internet à cause d'une telle situation. Cependant, il ne faut pas croire que la fin de la Neutralité du Net serait l'unique chose qui provoque de tels problèmes. Si une partie des problèmes causé par la fin de la Neutralité du Net seraient propre à cette situation, la centralisation d'Internet est un processus qui existe déjà, et qui ne ferait qu'empire.

C'est pour ça que je pense que pour lutter, il faut mener une véritable lutte contre le cœur du problème, et se demander ce qu'est Internet. Qu'est ce qu'il est supposer nous apporté. Est-ce une télévision 2.0 avec comme "chaine" Facebook, Twitter, etc ? Est-ce un réseau global ? Doit-il être libre, doit-il être composé de plateforme fermée ? Tout cela est pourquoi je pense qu'un bon moyen d'aider est de se renseigner un peu sur les alternatives au modèle centralisateur : les CHATONS, les projets de Framasoft, les FAI alternatifs…

Pour vous renseigner, je peux vous proposer quelques liens, pour découvrir et en apprendre plus

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Une semaine de Trump, et c'est déjà le foutoir.

Rédigé par Kazhnuz -

Ce qu'on entendait souvent avant l'éléction de Trump, c'était le fameux "nan mais il ne va pas pouvoir faire des mal, les institutions démocratiques l'empêcherons de faire ses conneries"... Et bien, semblerait que non. Dès la première semaine, il a mis le paquet. Plutot que de faire un gros article et tout, je vais juste faire une liste non-exhaustive de trucs qu'il a fait, pour bien montrer pourquoi on avait peur, et pourquoi non, il ne va pas "améliorer" les choses.

Une semaine de trump, c'est :

  • Il prépare la suppression de la "Obamacare", la loi qui permettait à des tas d'américains d'avoir accès à une assurance maladie. Aucune surprise là dessus, c'est surtout que ça va être très dur pour les bénéficiaires...

  • Idem pour l'immigration et le mur à la frontière : Il prépare bien tout ça. Il était cependant toujours persuadé que le Mexique va se plier, étant même allé jusqu'à dire que s'il ne voulait pas payer, le président Mexicain pouvait "annuler sa visite". D'ailleurs, il semblerait que le président Mexicain ait annulé sa visite et que le président américain ai comme projet de financer le mur avec une taxe sur les importation mexicaine.

  • La suppression des pages relatives au changement climatique, aux droits civiques, aux LGBT, des handicapés et aux Natives Nations.

  • Un décret supprimant le financement des ONG qui soutiennent l'IVG (interruption volontaire de grossesse). Très étrangement, ce décret a été signé qu'en présence d'hommes... Les Pays-Bas ont réagit en lançant un fond international pour ces associations.

  • Les oléoducs ont été approuvés, le forage des gaz de schistes aussi. Parce que l'environnement aussi, il en a rien a faire.

  • La censure des grandes agences scientifiques, qui ont dû créer des comptes twitters alternatifs pour organiser une "résistence scientifique". Numérama maintient une liste pour s'y abonner plus facilement. Peut-être que tout ceux qui parlent de "censure" quand il y a un consensus scientifique sur un sujet apprendront peut-être avec ça ce qu'est une vrai censure... ?

  • Il veut établir une liste des crimes (et délit, puisqu'en anglais on utilise le mot crime aussi pour les délits) commis par toutes les personnes d'origines étrangères dans le pays. Une bonne méthode de manipulation et de chercher des boucs émissaires, en equivant rapidement le fait que les crimes ont des tas de sources multiples. Un bon exemple classique à cela est celleux qui sortent la réthorique des « étrangers qui violent les femmes blanches », en ommettant de dire que la plupart des viols sont commis par quelqu'un de proche que connait la victime. C'est pourquoi on peut utiliser une information pour désinformer : quand elle est partielle, il est possible de déformer la réalité en en montrant qu'une partie.

  • Dans ses ordres sur la "sureté publique", il demande explicitement à toutes les agences fédérales que leurs politiques de respect de la vie privée exclue les non-américains et les résidents permanents des protections offertes par le Privacy Act. Si par défaut ces protections ne concernaient que les citoyens américains, des agences les avaient étendues à tout le monde.

Cela nous prouve une chose : On avait de bonne raisons de redouter cette éléction. Nous avons ici des exemples d'atteintes à la liberté d'expression et d'informations, aux droits des femmes et des minorités, à la vie privée et à l'environnement. Je suis assez sidéré que des gens qui se disent "anti-impérialistes" sont près à le soutenir alors qu'il montre à quel point il est près à s'attaquer aux libertés civiles, et à quel point il l'avait déjà dit. D'ailleurs, récemment il a dit que Chelsea Manning n'aurait jamais dû être libéré de prison (rappellons aussi qu'il avait dit que lui président, Snowden aurait été ramené aux US en quatrième vitesse).

Cependant, il ne faut pas se contenter de faire ce constat, mais plutot réfléchir à ce que cela veut dire. Ici, je vais parler plutot de comment nous, qui ne sommes pas citoyens des Etats-Unis pouvons réagir. Certaines de ces idées peuvent être faites par des citoyens US, mais ne parlera pas à leurs soucis les plus urgents.

On peut voir déjà des réactions aux actions de Trump, ce depuis son arrivée : L'Internet Archive avait réagit en déclarant dupliquer ses données au Canada (même si j'espère qu'il vont rendre redondant leurs informations à travers plusieurs pays). Les comptes twitters non-officiel fonctionnent en cachant le nom de ceux qui le font pour les protéger de l'administration Trump. La réaction des Pays-Bas face à sa suppression des aides pour les associations soutenant l'IVG est très saine. En créant un fond international, on s'affranchit des Etats-Unis dirigés par Trump. Il faut espérer que d'autres initiatives du genre se forment.

On remarque un point commun dans ces trois décision : Il s'agit de faire en sorte de ne pas trop déprendre de l'administration de Trump voir des États-Unis, afin d'essayer de baisser l'influence que la politique de Trump pourrait avoir. Evidemment, dans le monde mondialisé qu'on a aujourd'hui, on ne peut pas éviter à 100% la politique de Trump. Cependant, il est possible d'éviter de trop trop dépendre de ces humeurs. D'une certaine manière, on revient à la question du status d'hyperpuissance des US.

Sur les questions de censures et de vie privée, je pense que c'est là que des projets tels que Dégooglisons Internet et que la communauté scientifique internationale peuvent permettre de réagir : Il est possible de décentraliser les données, d'éviter de nous rendre trop dépendant de silos, et des risques de censures. Comme on a proposé l'utilisation des réseaux sociaux décentralisés et du logiciel libre comme moyen de combattre la censure et la surveillance en Turquie ou en Russie, cela peut aussi permettre de la combattre aux US.

Cependant, il faut se rendre compte que ce n'est qu'une partie du soucis. Mais on peut déjà faire quelque chose sur ce point-là.

EDIT au 30/01/2017 : Et maintenant on a le MuslimBan. Les résidents de sept pays musulmans ont été interdits d'accès à l'entrée aux Etats Unis. Une décision est purement pour aller dans le sens du poil des bigots, puisque certains pays dans lesquels les US ont des intérêts économiques. Trump sacrifie les réfugiés (et toute la communauté musulmane au racisme qu'il amplifie de par sa recherche de boucs émissaires à tous les problèmes du pays) sur l'autel de la bigoterie.

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Un nouveau system de "content warning" pour Mastodon

Rédigé par Kazhnuz -

Mastodon, l'implémentation alternative de GNU Social continue d'étendre le protocole afin de permettre des nouvelles possibilités. Il y a quelques temps, un véritable système de blocage avait été implémenté (cependant GNU Social n'est pas (encore ?) compatible avec cet ajout, ce qui en fait une grosse limite), ce qui permettait de bloquer les comptes indésirables (une fonctionnalité qui serait bien sur Diaspora*).

Récemment, la nouvelle fonction implémenté par Blackle est un système de content warning : Vous pouvez masquer le contenu du post et indiquer pourquoi ce contenu est masqué. Cela rend ce système très flexible, parce que comme vous indiquez pourquoi vous le masquer, il peut servir aussi bien pour des spoilers d'oeuvres, pour des triggers warnings (le fait de prévenir quand le contenu d'un post est sur un sujet qui peut être dur pour des personnes, par exemple celleux qui ont subit un traumatisme), ou des contenus Not Safe For Work. Une vidéo du système (lorsqu'il était encore en développement) en action.

C'est donc un petit ajout très intéressant, et c'est le genre d'initiative qui aide des réseaux sociaux à devenir des espaces plus sains :)

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11/02/14 : The Day We Fight Back

Rédigé par Kazhnuz -

Merci au Framasoft pour avoir diffusé la nouvelle et avoir traduit, pleins de datalove à vous. Une grande journée d'action est prévue pour le 11 février, en hommage à Aaron Swarz (un des meneurs de la lutte contre Acta). Parmi des organisations qui participe à cette journée d'action, on trouve Mozilla, Reddit, et d'autres organisations importantes des internets. Qu'elle marche ou ne marche pas, cette journée sera un moyen de dire qu'internet ce sont les utilisateurs, et que nous sommes près à nous engager pour ce média qui nous permet de tous d'avoir l'accès à un outil d'expression, que l'on soit petit ou grand.

Bref, nous relayons ce mouvement, à notre toute petite échelle, nous partageons, parce que nous sommes également pour un internet libre et ouvert, sans que l'on ait un gros œil au dessus de nous. Vous pouvez avoir accès ici au site du mouvement

(Traduction venant du Framablog, par audionuma, baba, Asta, toufalk, KoS, Omegax.)

À l’occasion de l’anniversaire de la disparition tragique d’Aaron Swartz, des grands groupes d’internet et des plate-formes en ligne annoncent le jour de l’activisme contre la surveillance de la NSA

Mobilisation nommée « The Day We Fight Back » en l’honneur de Swartz et pour célébrer l’anniversaire de la disparition de SOPA

Une large coalition de groupes activistes, compagnies, et plate-formes en ligne tiendront une journée mondiale de l’activisme en opposition au régime d’espionnage de masse de la NSA, le 11 février. Nommé « Le Jour De La Contre-Attaque », la journée de l’activisme a été annoncée la veille de l’anniversaire de la disparition tragique de l’activiste et technologiste Aaron Swartz. La manifestation est en son honneur et en célébration de la victoire contre SOPA deux ans plus tôt, qu’il a contribué à arrêter.

Parmi les participants, on compte Access, Demand Progress, l’Electronic Frontier Foundation, Fight for the Future, Free Press, BoingBoing, Reddit, Mozilla, ThoughtWorks, et plus encore à venir. Ils rejoindront potentiellement des millions d’internautes pour persuader les législateurs de mettre fin à la surveillance de masse ? non seulement des Américains, mais aussi des citoyens du monde entier.

Le 11 janvier 2013, Aaron Swartz s’est suicidé. Aaron était doté d’un esprit brillant et intuitif, qu’il mettait au service de la technologie, de l’écriture, de la recherche, de l’art, et plus encore. Ses derniers jours furent consacrés à l’activisme politique, en soutien aux libertés civiles, à la démocratie et à la justice économique.

Aaron a déclenché, puis aidé à diriger le mouvement qui viendrait finalement à bout de SOPA en janvier 2012. Cette loi aurait détruit l’Internet tel que nous le connaissons, en bloquant l’accès aux sites qui proposent du contenu généré par les utilisateurs ? ceux-là même qui rendent Internet si dynamique.

David Segal, directeur exécutif de Demand Progress, qu’il a co-fondé avec Swartz, a dit : « Aujourd’hui, la plus grande menace contre un Internet libre, et plus largement contre une société libre, est le système d’espionnage de masse de la NSA. Si Aaron était encore en vie, il serait sur le front, pour combattre des pratiques qui minent notre capacité à entreprendre tous ensemble, comme des êtres humains réellement libres. »

Selon Roy Singham, président de la compagnie de technologies globales ThoughtWorks, où Aaron a travaillé jusqu’à sa mort : « Aaron nous a montré qu’être technologiste au 21e siècle signifiait prendre des mesures pour empêcher la technologie d’être retournée contre l’intérêt public. Le moment est venu pour la tribu mondiale des technologues de se lever ensemble et de faire échouer la surveillance de masse. »

Selon Josh Levy, de Free Press : « Depuis les premières révélations l’été dernier, des centaines de milliers d’internautes se sont réunis en ligne et hors ligne pour protester contre le programme de surveillance de la NSA, contraire à la Constitution. Ces programmes attaquent notre droit fondamental à nous connecter et à communiquer de façon privée, et frappe au cœur des fondations de la démocratie elle-même. Seul un large mouvement d’activistes, d’organisations et d’entreprises, peut convaincre Washington de restaurer ces droits. »

Brett Solomon, directeur exécutif chez Access, ajoute : « Aaron pensait en terme de systèmes. Il savait qu’un Internet libre et ouvert est un prérequis vital pour préserver la liberté et l’ouverture des sociétés. Son esprit vit encore à travers notre conviction que là où des menaces pèsent sur cette liberté, nous nous lèverons pour les combattre. Le 11 février, nous nous battrons contre la surveillance de masse. »

Le jour J, le collectif et les activistes qu’ils représentent téléphoneront et enverront des mails aux députés. Les propriétaires de sites web mettront en place des bannières pour encourager leurs visiteurs à combattre la surveillance et les employés d’entreprises technologiques demanderont que leur organisation fasse de même. Il sera demandé aux usagers d’Internet de créer des mèmes et de changer leurs avatars sur les média sociaux pour refléter leur demande.

Les sites web et les usagers d’Internet qui veulent prendre part peuvent visiter TheDayWeFightBack.org pour s’inscrire et ainsi recevoir par mail les dernières nouvelles et indiquer que leur site participe à l’évènement. Des nouvelles seront régulièrement postées sur le site entre maintenant et le 11 février, date de la journée d’action.

QUI : Access, Demand Progress, Electronic Frontier Foundation, Fight for the Future, Free Press, The Other 98%, BoingBoing, Mozilla, Reddit, ThoughtWorks… et beaucoup d’autres à venir

QUOI : Journée d’action en opposition à la surveillance de masse, en l’honneur de Aaron Swartz et pour fêter l’anniversaire de l’abandon de SOPA

QUAND : 11 février 2014

CE QUE PEUVENT FAIRE LES UTILISATEURS D’INTERNET :

- Visiter TheDayWeFightBack.org
- S’inscrire pour indiquer que vous participerez et recevoir les dernières nouvelles.
- S’inscrire pour installer des widgets à mettre sur vos sites web pour encourager vos visiteurs à combattre la surveillance. (Ils seront finalisés dans les jours à venir.)
- Utiliser les outils des média sociaux disponibles sur le site pour annoncer votre participation.
- Developper des mèmes, des outils, des sites web et faire tout ce que vous pouvez pour participer et encourager les autres à faire de même.

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