Une semaine de Trump, et c'est déjà le foutoir.

Rédigé par Kazhnuz -

Ce qu'on entendait souvent avant l'éléction de Trump, c'était le fameux "nan mais il ne va pas pouvoir faire des mal, les institutions démocratiques l'empêcherons de faire ses conneries"... Et bien, semblerait que non. Dès la première semaine, il a mis le paquet. Plutot que de faire un gros article et tout, je vais juste faire une liste non-exhaustive de trucs qu'il a fait, pour bien montrer pourquoi on avait peur, et pourquoi non, il ne va pas "améliorer" les choses.

Une semaine de trump, c'est :

  • Il prépare la suppression de la "Obamacare", la loi qui permettait à des tas d'américains d'avoir accès à une assurance maladie. Aucune surprise là dessus, c'est surtout que ça va être très dur pour les bénéficiaires...

  • Idem pour l'immigration et le mur à la frontière : Il prépare bien tout ça. Il était cependant toujours persuadé que le Mexique va se plier, étant même allé jusqu'à dire que s'il ne voulait pas payer, le président Mexicain pouvait "annuler sa visite". D'ailleurs, il semblerait que le président Mexicain ait annulé sa visite et que le président américain ai comme projet de financer le mur avec une taxe sur les importation mexicaine.

  • La suppression des pages relatives au changement climatique, aux droits civiques, aux LGBT, des handicapés et aux Natives Nations.

  • Un décret supprimant le financement des ONG qui soutiennent l'IVG (interruption volontaire de grossesse). Très étrangement, ce décret a été signé qu'en présence d'hommes... Les Pays-Bas ont réagit en lançant un fond international pour ces associations.

  • Les oléoducs ont été approuvés, le forage des gaz de schistes aussi. Parce que l'environnement aussi, il en a rien a faire.

  • La censure des grandes agences scientifiques, qui ont dû créer des comptes twitters alternatifs pour organiser une "résistence scientifique". Numérama maintient une liste pour s'y abonner plus facilement. Peut-être que tout ceux qui parlent de "censure" quand il y a un consensus scientifique sur un sujet apprendront peut-être avec ça ce qu'est une vrai censure... ?

  • Il veut établir une liste des crimes (et délit, puisqu'en anglais on utilise le mot crime aussi pour les délits) commis par toutes les personnes d'origines étrangères dans le pays. Une bonne méthode de manipulation et de chercher des boucs émissaires, en equivant rapidement le fait que les crimes ont des tas de sources multiples. Un bon exemple classique à cela est celleux qui sortent la réthorique des « étrangers qui violent les femmes blanches », en ommettant de dire que la plupart des viols sont commis par quelqu'un de proche que connait la victime. C'est pourquoi on peut utiliser une information pour désinformer : quand elle est partielle, il est possible de déformer la réalité en en montrant qu'une partie.

  • Dans ses ordres sur la "sureté publique", il demande explicitement à toutes les agences fédérales que leurs politiques de respect de la vie privée exclue les non-américains et les résidents permanents des protections offertes par le Privacy Act. Si par défaut ces protections ne concernaient que les citoyens américains, des agences les avaient étendues à tout le monde.

Cela nous prouve une chose : On avait de bonne raisons de redouter cette éléction. Nous avons ici des exemples d'atteintes à la liberté d'expression et d'informations, aux droits des femmes et des minorités, à la vie privée et à l'environnement. Je suis assez sidéré que des gens qui se disent "anti-impérialistes" sont près à le soutenir alors qu'il montre à quel point il est près à s'attaquer aux libertés civiles, et à quel point il l'avait déjà dit. D'ailleurs, récemment il a dit que Chelsea Manning n'aurait jamais dû être libéré de prison (rappellons aussi qu'il avait dit que lui président, Snowden aurait été ramené aux US en quatrième vitesse).

Cependant, il ne faut pas se contenter de faire ce constat, mais plutot réfléchir à ce que cela veut dire. Ici, je vais parler plutot de comment nous, qui ne sommes pas citoyens des Etats-Unis pouvons réagir. Certaines de ces idées peuvent être faites par des citoyens US, mais ne parlera pas à leurs soucis les plus urgents.

On peut voir déjà des réactions aux actions de Trump, ce depuis son arrivée : L'Internet Archive avait réagit en déclarant dupliquer ses données au Canada (même si j'espère qu'il vont rendre redondant leurs informations à travers plusieurs pays). Les comptes twitters non-officiel fonctionnent en cachant le nom de ceux qui le font pour les protéger de l'administration Trump. La réaction des Pays-Bas face à sa suppression des aides pour les associations soutenant l'IVG est très saine. En créant un fond international, on s'affranchit des Etats-Unis dirigés par Trump. Il faut espérer que d'autres initiatives du genre se forment.

On remarque un point commun dans ces trois décision : Il s'agit de faire en sorte de ne pas trop déprendre de l'administration de Trump voir des États-Unis, afin d'essayer de baisser l'influence que la politique de Trump pourrait avoir. Evidemment, dans le monde mondialisé qu'on a aujourd'hui, on ne peut pas éviter à 100% la politique de Trump. Cependant, il est possible d'éviter de trop trop dépendre de ces humeurs. D'une certaine manière, on revient à la question du status d'hyperpuissance des US.

Sur les questions de censures et de vie privée, je pense que c'est là que des projets tels que Dégooglisons Internet et que la communauté scientifique internationale peuvent permettre de réagir : Il est possible de décentraliser les données, d'éviter de nous rendre trop dépendant de silos, et des risques de censures. Comme on a proposé l'utilisation des réseaux sociaux décentralisés et du logiciel libre comme moyen de combattre la censure et la surveillance en Turquie ou en Russie, cela peut aussi permettre de la combattre aux US.

Cependant, il faut se rendre compte que ce n'est qu'une partie du soucis. Mais on peut déjà faire quelque chose sur ce point-là.

EDIT au 30/01/2017 : Et maintenant on a le MuslimBan. Les résidents de sept pays musulmans ont été interdits d'accès à l'entrée aux Etats Unis. Une décision est purement pour aller dans le sens du poil des bigots, puisque certains pays dans lesquels les US ont des intérêts économiques. Trump sacrifie les réfugiés (et toute la communauté musulmane au racisme qu'il amplifie de par sa recherche de boucs émissaires à tous les problèmes du pays) sur l'autel de la bigoterie.

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Parlons un peu du neuf novembre dernier...

Rédigé par Kazhnuz -

Au début, j'avais prévu de ne pas faire de long post sur l’élection de Donald Trump. Après tout, je me disais, pourquoi en faire un ? Partout on s'étonne (ou pas) du résultat, et bien des gens sont déjà à dire "c'est terrible" ? Du coup, qu'est-ce que je pourrais dire de plus ? Cependant, je pense avoir quelque choses à dire.

Comme pas mal de monde, je m'inquiète avant tout pour les personnes qui vivent là bas, qui font parties des minorités (LGBTQ+, personnes de couleurs, personnes handicapées, etc), qui vont à la fois subir la bigoterie du personnage, mais également le réveil de tous ceux qui vont se sentir revitalisé par ce qui s'est passé. Trump participe à libérer le phénomène de recherche de boucs émissaires. Évidemment, c'est une tendance qui existait déjà (nos politiciens passent leur temps à le faire), mais il participe à l'amplifier.

Ce genre de conséquences, on va les vivre jusque ici.

Cependant, cette première pensée n'est pas ma seule pensée. Evidemment, je ne peux pas m'empêcher comme bien des gens de me demander comment on en est arrivé là. La réponse est simple : Trump est l'effet d'un disfonctionnement très ancien des médias et de tout le système politique.

Mon but n'est pas ici d'excuser le "vote Trump". C'est loin d'être mon sujet. Je pointe surtout l'hypocrisie des médias traditionnels dans cette situation. Et surtout je veux un peu me sortir toutes ces pensées de la tête. Pouvoir souffler un peu.

L'élection de Trump comme "volonté du peuple" ?

Généralement, quand on met un point d'interrogation sur un titre, c'est pour montrer qu'on réfute une idée. Et là ne fait pas exception. Je pense que toutes les sorties sur le fait que la présence au pouvoir de Trump serait la "volonté du peuple", c'est faux.

Tout d'abord, je vais commencer par rappeller une chose : Le système éléctoral amériquain du président n'est pas un suffrage universel directe, mais fonctionne avec un système de grands élécteurs. On vote pour un certains nombres de grands élécteurs qui vont voter ensuite pour le président. Et la manière dont c'est fait fait qu'un président peut gagner en ayant un pourcentage plus faible que son adversaire. C'est ce qui est arrivé en 2000 pour l'éléction de George W Bush face à Al Gore, et c'est ce qui est arrivé hier pour Trump face à Clinton. Même si c'est à un poil de fesse près, cela montre surtout à quel point non, il n'a pas eut une "victoire écrasante".

Ce n'est pas la première fois que ça arrive, et ce ne sera sans doute pas la dernière fois. C'est en quelque sorte un débat proche que celui de la proportionnelle en France pour les éléctions législatives.

Donc, même si le système a donné Trump vainqueur, il n'y a pas eut une "vague de Trumpisme", de raz-de-marée populaire qui lui a donné la victoire. Ce mensonge est à la fois partagé par ses partisans qui veulent utiliser cette image qui les arranges, et à la fois certains de ses adversaires pour qui c'est bien plus confortable de chercher à accuser les réseaux sociaux ou le "peuple stupide qui vote en masse comme des moutons" plutot que de chercher à se remettre en question sur quelque que chose qu'ils ont contribués à provoquer.

C'est sans doute bien plus confortable.

D'autant plus que les sondages sur les résultats de Trump montre bien qu'il a fait de bien plus forts résultats dans certaines portions de la populations : Les personnes plus agées, les blancs, les hommes, les plus riches... Les tendances montrent bien que ce n'est ni la "population dans son ensemble", ni le "petit peuple", opprimé. Comme celui du "raz-de-marée", ce genre de récits ont des buts différents, suivant qui le dit :

Chez les partisants du 45e président, il s'agit de faire passer l'éléction du président comme un effet de la colère du peuple. En effet, cela leur permet de se créer une légitimité "populaire" en imaginant ce mythe du peuple, las des injustices qu'il subit, qui en masse irait voter pour leur grand héros... Ce qui ne tient pas, surtout en raison du très grande nombre d'abstentionniste : Non seulement Trump a eut moins de voix que Clinton, mais il n'a pas mobiliser ceux qui ne croyaient pas dans le système. La plupart de ceux qui ne croient vraiment plus en le système ne sont simplement pas aller voter.

Ou alors c'était uniquement les mecs sur reddit et 4chan qui ont chouiné parce qu'ils avaient pas pensé à s'inscrire aux élections, une obligation qui d'habitude plaît bien aux républicain parce que ça pose plus soucis aux personnes d'origine étrangères ou aux minorités ethniques.

Chez ses adversaires (et c'est quelque chose qui se retrouve dans tous les pays dans la lutte contre l’extrême droite), il y a l'idée de fustiger le "bas peuple stupide qui ne sait pas ce qui est pour son bien". C'est d'ailleurs un peu ce qu'on retrouve dans le terme "populiste" : Trump aurait gagné parce qu'il flatterait les "bas instincts" du "bas peuple", celui qui ne serait pas capable de penser par lui même (veulent-ils derrière un retour du suffrage censitaire ? Pour certains je serais pas surpris).

Cependant, il ne faut pas oublier dans les personnes de classe sociales peu élevé, il y a justement fortement le genre de personnes sur qui Trump tape. D'ailleurs, l'idée que ce serait lié à l'éducation : Même si le nombre de blanc au niveau d'étude peu élevé ayant voté Trump est plus fort que le nombre de blanc au niveau d'étude élevé ayant voté pour lui, il semblerait que ce nombre soit fort lui aussi (et dépasse celui de Clinton).

Bref, dire de ce vote "le soucis c'est le peuple idiot et ignorant" est sans doute la pire des réactions possible.

Même si oui, l'extrème droite attire plus qu'avant les classes populaires, et les vise, tout rejeter sur elles, alors qu'elles sont déjà dans des situations peu enviables, et en plus contiennent pas mal de gens qui seraient victimes de leurs politiques (des personnes d'origines étrangères, des LGBT rejetés de leur familles, des personnes en situations de handicap, mais même de base les personnes en situations précaires vu le nombre de fois ou on les entends s'énerver sur les "assistés").

Dans tous les cas, la colère d'un peuple peut revétir bien des formes, et n'en a pas en soi. Si l'extrème droite n'hésite pas à réutiliser le raz-le-bol lié au système pour le rediriger vers des idées pleines de haines de son prochain, se contenter d'expliquer ce genre de chose par "c'est le peuple", que ce soit dans une vision négative ou positive est tout simplement faux, et dangereux. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas une dimension de rejet du système dans ce vote, mais juste que le récit du petit opprimé qui vote pour l'extrème-droite est un mythe.

D'autant plus qu'il y a une certaine ironie à qualifier l'extrême droite comme "anti-système".

Les score de l'extrème droite comme en partie le produit du "système"...

Sous cette première phrase conçue de manière un peu "choc" envers tous les fameux "anti-système" de l'extrème droite, il y a quelque chose que je pense très important sur toute cette vague : Elle est produite et alimentée par le système, et ce à deux niveaux. Le premier est celui d'avoir amplifié leur visibilité, et le second est par la diffusion d'une vision du monde, surnommée de manière intéressante celle du "syndrome du grand méchant monde" par la chaine Horizon-Gull.

En effet, les médias recherchent avant tout l'audimat. En utilisant le clan le Pen et l'extrème droite (cela comporte tous les Zemmour et autre personnes du genre qui aiment se pleindre sur tous les journaux et toutes les chaînes qu'ils sont opprimés et qu'il y a une cabale visant à les censurer. C'est plus ce que c'était la censure, alala) pour renforcer leur audimat, ils ont participé à véritablement mettre en avant ce genre de personnages parce que cela renforce l'audimat (comme tout ce qui est extrème) plutot que de mettre en valeur tout ce qui existe comme autre types de réflexions non-mainstream. En les utilisants a fond, à la fois comme épouvantail, et presque pour se donner des frissons, les médias ont participés à les rendre visible partout, bien plus que pas mal d'autres idées qui auraient gagnées a être partagées.

Evidemment, ensuite ils ont flippés. Mais le mal était fait.

Mais ce n'est pas tout, puisqu'ils ont aussi participé à cela de par cette manière du grand méchant monde, expression que je vais bien aimer reprendre. Cela fait des années que les médias abusent des faits divers et vont leur accorder une place bien plus grande dans leur couverture de "l'information". De même, un attentat et un fait divers sera couvert d'une manière presque digne d'un fait policier, pour faire monter l'adrénaline, mais ce qui va aussi augmenter la peur. L'infotainement, l'information est devenu un grand spectacle, et parmi les choses spéctaculaire il y a malheureusement tout ce que est glauque et horrible dans la vie : les meurtres et toutes autres atrocités que l'homme peut commettre sur son prochain.

C'est aussi quelque chose qui arrange bien les politiciens plus classiques, dans le sens ou avoir ce genre d'épouvantail permet de dire "nan mais non c'est bon, ça va". C'est le fait d'avoir utilisé pendant des années la "lutte contre le FN" pour ne jamais avoir à remettre en cause toutes les fois ou les partis "conventionels" diffusaient pourtant le même genre d'idées. Ce double jeu est sans doute une des choses qui ont le plus contribués à cette montée : Quand on dit la même chose, tout en diabolisant l'autre, c'est le meilleurs moyen de les faire progresser. Pourquoi le FN ferait peur quand on a des ministres qui balance des trucs racistes, sexistes, etc ? Le système médiatique et politique à participer pendant des années à la décomplexion de la parole raciste, sexiste, etc. On en a eut beaucoup d'exemples ces dernières années.

Donc, les voir jouer les surpris est tout bonnement insupportable.

Les politiques ont joué à ce jeu dangereux en toute conscience de cause, pensant qu'ils pourraient toujours avoir ça bien entre leurs mains, et parce qu'ils s'en foutait totalement des conséquences qu'il y aurait pour les victimes.

Et maintenant c'est nous tous qui nous brulons.

... et également de la perte de crédibilité de la politique traditionnels

Même si comme dit plus haut, l'extrème droite n'a pas le monopole de la haine de l'autre, ils ont participé a une transformation, puisque cette haine de l'autre est devenu une réponse à la question du "pourquoi" des problèmes de la société. Les problèmes que vivent la France sont mis sur le dos des étrangers, des LGBTs qui "sappent les fondements de la société", des "social justices warrior"... Et même chez les PUA, on retrouve l'idée "si vous êtes célibataires c'est de la faute des méchantes féministe".

L'idée est de donner une réponse simple aux problèmes. Une réponse facile. Des ennemis à combattre.

La politique traditionnelle à perdu son image de pouvoir donner des réponses aux problèmes. Plus personne n'y croit, parce qu'il y a eut trop de magouille, trop de trucs pas net. Sarkozy a 36 000 casseroles sur le dos, Hollande a trahi toutes les personnes de gauche avec son programme libéral économiquement. Les petits partis se lance dans des guerres internes qui font perdre confiance en eux. Le système participatif même a montré ses limites (carriérisation de la politique, impunité des élus), de même pour une grande partie les médias traditionnels, notamment la télévision.

Face à cela, les personnes ont deux réactions : Soit ils se désintéressent de la politique politicienne tout de suite, soit ils cherchent des alternatives.

Et un grand soucis, c'est qu'on a aucune alternative démocratique fondée sur le respect de l'autre. En partie parce qu'ils les ont toutes tuées. Mittérand n'est pas innocent dans l'amplification de la perte de vitesse du PCF, et tous les mouvements demandant des alternatives sont soit vus comme bisounours et moqués, au nom d'un "réalisme" douteux, soit vu comme violent et dangereux, notamment chaque manif à chaque fois qu'il y a des casseurs. Les partis traditionnels ont participé a détruire toutes les possibilités de s'exprimer pour les alternatives, pour dire qu'il n'en existait pas.

Et aussi cassé toutes les tentatives d'explications. Notre premier ministre "socialiste" n'a-t-il pas dit lui-même que "expliquer, c'est excuser", à l'encontre des sociologues ?

D'où une très forte montée de l'abstentionnisme, sous le signe d'un "a quoi bon" (ou d'une recherche de la démocratie par d'autres moyens)...

... et aussi une aubaine pour les extrèmes, qui peuvent se présenter comme la "seule alternative au système" (alors qu'ils y sont très liés, en profitent pas mal, et en fin de compte ont pleins d'idées commune au système). Ils peuvent jouer la victimisation, l'idée qu'ils seraient des "rebelles" face au grand méchant système qui est contre eux... d'autant plus que cedit système est en plus avant ce qui a participé à décomplexer leur parole, à mettre certains de leurs auteurs et polémistes phares en plein milieu de la scène.

Cela donne l'impression qu'on arrive dans un monde à deux pôles, celui du "système" et celui des réac', un monde bipolaire qui nous donne le choix entre la peste et le choléra. Même si les systèmes de valeurs "apparents" (libéralisme économique + modernisme sur certains points vs conservatisme) sont différents, ceux profonds sont les mêmes (société verticale, essentialisation des personnes, chacun pour soi et remplacement de la construction de valeurs et de libre arbitre par de la manipulation de l'image).

Qu'est-ce qu'on peut faire ?

Voici je pense la question la plus importante : qu'est-ce qu'on peut faire ? Je parle bien de nous, qui voulons voir autre chose que ce nouveau bipartisme à peine masqué.

Je n'ai pas vraiment d'excellente solution. S'organiser pour essayer de ne pas leur laisser l'occasion de faire du mal envers les personnes qu'ils veulent viser, qu'on en fasse partie ou non. Continuer à militer pour nos cause, faire de la pédagogie quand on le peut, essayer de faire comprendre ? Protéger et se protéger de la haine. Construire et maintenir les réseaux de solidarité.

Ne pas céder au chacun pour soi.

Donner de la visibilité aux idéologies qu'on respecte, repartager les paroles des victimes de discrimination.

Nous avons des alternatives au monde sécuritariste qui veut tout controler, à l'ultralibéralisme... dans le domaine de la consommation, dans le logiciel libre, les AMAP, les CHATONS. C'est pas tout, mais c'est déjà une chose. Les outils comme PGP et la protection de la vie privée sont d'autant plus importante qu'on fait partie d'une minorité.

Refuser l'idée que le monde serait juste un "grand méchant monde", partager les informations positives, les bonnes nouvelles dans le monde. Une avancée ? Une action positive pour le monde ? N'est pas aussi important de partager ça ? Refuser le cynisme des médias. Il ne faut pas que ce soit la peur qui gouverne toutes nos actions.

Est-ce que ça peut marcher ? Je ne sais pas.

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La première question de la démocratie

Rédigé par Kazhnuz -

La démocratie est supposé être quelque chose de simple : Ce serait le "pouvoir au peuple". Comment est-ce que cela pourrait être difficile, se demande-t-on à première vue ? Il suffit de laisser le peuple décider, et donc d'avoir des institutions qui laisse le peuple prendre les décisions politique.

Si je part de cette idée commune, c'est qu'elle est souvent présente dans des esprits qui sont loin d'être bête - peut-être est-ce même ce que vous pensez, et que vous vous êtes dit « Oui mais enfin, dit comme ça, tout peut paraitre naïf ». Mon but est pas de faire paraitre naïf, mais de commencer à appuyer mon propos, d'annoncer la couleurs : Je vais me demander ce qu'est la démocratie.

Comme on dit, la démocratie veut dire "le pouvoir du peuple", ce qui signifie un pouvoir commun et partager. Bien des personnes voulant changer le système parlent des institutions, estiment que le problème réside principalement dans l'existence de "professionnels de la politique", qui forment une caste qui n'ont pas les mêmes préoccupations que le peuple. Si c'est un soucis, pour moi l'existence d'une caste qui estime mieux savoir dépasse les simples institutions politque

Disons que pour moi, c'est une vision de la politique un peu incomplète, même s'il donne une des idées intéressante pour la question des institutions. Questionner les institutions est indispensable, mais voir les soucis institutionnels comme le principal problème c'est commettre une erreur.

Dans de nombreux milieux militant, il est dit des trucs genre "le cinéma est politique", "tout est politique". Et c'est vrai, la politique est l'entiereté de ce qui se passe dans la "vie de la cité". En effet, tout ce qui se passe dans notre pays participe à construire sa vie. Le cinéma par exemple véhicule des images et des conceptions, et nous les intériorisons. En vérité, pour penser un système, il ne suffit pas de se concentrer sur le système éléctoral, parce que sinon on manque l'image globale. La big picture, quoi #Angliche #TasVuMaClasse

Il y a des tas de posibilité de réforme institutionnelle pour rendre plus démocratique le pays : Démocratie liquide, démocratie directe, démocratie par tirage au sort avec renouvellement rapide comme tu dis, démocratie représentative bien plus restrictive pour les élus (du style on arrête l'absentéïsme massif, le cumul des mandats, etc) et sous surveillance du peuple... Et j'en loupe sans doute des possibiltiés qui n'ont pas été inventés... ou simplement que je connais pas. Cependant, même si ce sont des idées souvent très intéressante, je pense que tous cela ne suffit pas.

De ce fait, la démocratie n'est pas binaire, et ne repose pas sur un changement de la manière dont fonctionne les élu. Perso je préfère toujours parler de "degré de démocratisation" (du genre la France aujourd'hui est plus démocratique qu'à l'époque de la monarchie absolue, mais c'est pas la joie non plus). La démocratie n'est pas un système éléctoral ou n'importe quoi, mais un état de fait qui permet au peuple d'avoir un contrôle sur la direction d'un espace politique.

D'où deux question : "qu'est-ce que le peuple ?" et "qu'est-ce que le peuple démocratique ?"

Je ne nie pas qu'il y a un problème avec la politique de métier, mais pour moi ce n'est pas le problème, the problem, die... problemen ? Je suis nul en allemand. Le problème majeur est un état d'esprit collectif, une sorte d'apathie politique... doublé d'un effet négatif de "l'information en continue", volontaire ou non (c'est pas la question ici), qui dans leur structure même et tout, amène à une certaine vision du monde (hyper pessimiste) qui ne pousse pas trop à une véritable action. Ouais selon moi c'est encore plus grave que les manipulations "directe" qu'on y trouve. Parce que cette fameuse vision du monde, pas mal de pseudo "méfiant des média" se font avoir dedans.

Le second soucis est celui du peuple éclairé : Même dans une démocratie directe ou par tirage au sort, il reste des possibilités de manipulations, parce que quand on donne le pouvoir de décision au peuple, il reste un point de contrôle puissant : celui de ceux qui peuvent créer l'opinion (ça pourrait tellement faire un sujet de SF passionnant, même si un peu classique), le "quatrième pouvoir". Le tirage au sort résout une partie de cela (avec sa qualité d'éviter le populisme), mais les mouvements de foules sont totalement possible dans une assemblée, malheureusement, et il possède d'autres soucis (dont un qui sera spécifique à un tel système : un métier de "conseiller politique" risque de se former, servant à influencer les décisions des tirés au sort).

Je ne dis pas que les propositions pour remplacer le fonctionnement institutionnel actuel de la démocratie sont nulles et inutiles, mais qu'on en reviens à pour moi un certain nombre de question :

  • La culture démocratique (la partie éthique, respect de l'autre, etc)

  • Le peuple éclairé (la partie "posture intellectuelle" permettant d'éviter les manipulations)

  • La création de l'opinion par l'information

Et ces questions sont la première étape d'une amélioration de la démocratie. Je dis amélioration, parce que même sur certains de ces points, on a eut une amélioration du système depuis ces derniers siècles. Le système à besoin d'un certain degré de démocratie pour tenir. De plus, il existe pleins de système démocratiques dans le monde : Des associations qui marchent par la participations des membres à la vie de l'assoc', la communauté Debian (ou les différents sujets sont débattus en groupes) et pas mal d'autres projets de logiciels libre (même si d'autre sont des do-ocracy, ou c'est celui qui agit qui à un véritable pouvoir).

D'autres problèmes opèrent ensuite, et se lient à ceux-là. Le problème du respect des minorité en est un exemple, comme tu l'as écrit. Mais pour moi la création de la démocratie passe avant tous par un travail de conscience, ça sert à rien d'avoir un autre système si tout le monde s'en fout, et si le pouvoir arrive in fine dans des grands "conseillers" ou "maitres de l'opinion".

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Onfray et les rêves des jeunes.

Rédigé par Kazhnuz -

Bon, c'est pas moi je vous jure, là c'est lui qui m'a provoqué. Je sais que je voulais faire des textes plus constructif, mais là c'était un cas de force majeure. On va croire que je veux forcément taper sur lui, mais là il a tendu le baton. Je sais que faire de la philosophie, c'est aussi faire de la spéculation, chercher des idées, mais la réalité elle existe quand même, quand on se base sur des préjugés, c'est tout nul.

L'article que je met en cause est mentionné ici, celui ou il nous dit en gros que la montée du djihadisme est à cause du fait que les jeunes ils n'ont plus de grands modèles, mais à la place des modèles actuels qu'il considère comme plus déshonorant, nous avons notamment Zidane, le célèbre joueur de foot, qu'on a reconnu par la petit blagounette est le suivant. Bref, le vieux classique du "les jeunes des milieux populaire, ils feraient bien de se baser sur des modèles des classes hautes de la société, plutot".

Je n'irais surtout pas défendre Cyril Hanouna (EDIT au moment de l'import de l'article (18/11/2016) : Surtout vu ce qu'il a fait dernièrement...) : Oui, ce type est un connard de la pire espèce, et l'a prouvé à plusieurs reprise. Et je suis d'accord qu'il y a largement mieux comme modèle... Déjà parce qu'il représente surtout des médias prêt à tous pour l'audimat, prêt à sacrifier la qualité pour du "grand spectacle" et du scandale facile... Cette première partie d'ailleurs est aussi présente dans les journaux télévisé, papiers, internet, etc. avec la forte tendance au sensationalisme dans l'actualité et l'utilisation des faits divers pour se la jouer "série policière IRL", ce qui favorise l'impression d'un climat d'insécurité. Ouais, un des trucs sur lequel Onfray fait son beurre récemment, c'est drôle hein ? :o) (EDIT au moment de l'import (18/11/2016) : Sans oublier son sexisme crasse, notamment avec le fait qu'il ai minimisé une aggression sexuelle d'un de ses chroniqueurs envers une femme dans son emmission. ).

Cependant, cette déclaration suinte l'ignorence du philosophe qui, fier de sa vision du monde et de ses belles formules, refuse de regarder le monde tel qu'il est.

C'est sûr que dans un pays ou "l'assensceur social", personne n'y croit, les jeunes vont vouloir prendre comme modèle quelque chose qui est inatténiable (professeur en université, pour le devenir faut quand même réussir à avoir un doctorat, et pour attendre le doctorat, je vous déconseille d'avoir un petit boulot à côté de vos études. Franchement), et qui en plus les méprise bien souvent. S'il est vrai que les modèles fourni par le capitalisme et les médias sont hautement criticable, j'irais aussi imputer cela à la classe politique. Comment voulez-vous faire une bonne éducation éthique quand ceux censé nous représenter ne font aucune preuve de cette éthique ? C'est le meilleurs moyen de se dire "de toute façon l'éthique ça sert à rien". Et en plus, comment voulez vous qu'il y ait une identification des jeunes issues de l'immigration aux classes hautes (déjà que l'idée en soi est dégueulasse : "pour être des gens biens, soyez comme nous"), quand celles-ci font preuve de racisme envers eux ?

Et c'est là ou le drame arrive, le pire du pire : « alors qu’il y a 60 ans ou plus, un jeune rêvait d’être médecin, avocat ou professeur d’université, Jean-Paul Sartre ou Maurice Chevalier. ». Pourquoi est-ce le pire ? Parce que c'est juste n'importe quoi. Déjà parce qu'il sort cette affirmation de nul part, et qu'elle n'est basée que sur une volonté de dire "c'était mieux avant, maintenant c'est tout pourri", mais surtout parce que juste non !

Il y a 60 ans, c'est 1955. Déjà, la loi sur la scolarité obligatoire à 16 ans n'arrive qu'en 59, et ne sera pleinement appliquée que plus tard. De plus, les métiers universitaire dont il parle nécessite le fait d'aller justement à l'université, donc d'accéder au baccalauréat... Si l'accès au bac moderne était possible pour ceux qui avaient fait une école primaire supérieur depuis la loi de 1937, la fusion du système éducatif n'a eut lieu qu'en 1975, avec la Loi Haby (qui est parfois remise en cause, accusée d'être la source de la "chute du niveau scolaire"). Avant, pour pas mal de jeune, l'école s'arrêtait bien avant le baccalauréat.

Si le fait que le lycée avait été rendu gratuit dans les années 30 a produit une grosse montée des élèves allant passé le bac (qui avant 68 n'était que les bacs généraux), on peut prendre les années 70 en exemple. Voici quelques statistiques. En 2012, nous avions 76,7% de la population de la génération en age de le passé qui ont eut un bac (dont 37,1% qui ont eut un bac général). En 1970 ? 20,1 qui ont un bac, pour 16,7 qui en ont un général. Les études universitaire n'ont longtemps concerné qu'une toute petite partie de la population. Et là, on est que 45 ans dans le passé.

La plupars des jeunes n'ont jamais revé d'être universitaire. Sans doute plus médecin, dans le sens ou c'est quelque chose de leur quotidien, et pour avocat je sais moins. Mais encore une fois, cela ne concerne qu'une partie de la population, en partie celle aisée. Déjà, une bonne partie ont souvent eut des rêves plus "proche d'eux" que ce que votre élitisme dit, monsieur Onfray : Devenir pompier est notamment l'exemple culturel du rêve d'enfant. Ou astronaute. Bref, des trucs qui semblent à des enfants plus excitant qu'être un universitaire (je ne dis pas que c'est nul d'être universitaire, bien des sociologues sont passionnant, par exemple). Et pour pas mal, réussir à avoir une vie correcte, c'était déjà le but. Il faudrait peut-être arrêter de croire que « les jeunes » est une classe homogène avec les mêmes goûts, les mêmes passions, les mêmes aspirations. Elle ne l'est pas, et ne l'a jamais été.

Et ce n'est pas tout, puisqu'on peut aussi voir qu'il fustige la "démission du père", le fait qu'il n'y aurait "plus de garçon et plus de fille" à l'école... ( voir ici : https://pbs.twimg.com/media/CYLD_l3WYAUZ9hR.jpg ) Bref, autant de moyen uniquement de surfer sur la vague réactionnaire. La perte de pouvoir des pauvres pères face au grand méchant féminisme, et le djendeur. Onfray critique un "vide" de la pop-culture et des évolutions de la société. Mais a-t-il cherché plus loin que ce qu'il voyait par ses œillère ? S'est-il vraiment penché sur la culture des jeunes, sur sa manière de fonctionner, des perles qui s'y trouve ? S'est-il demandé ce qu'était la plupart des jeunes de son époque ? S'est-il demandé si parmi sa génération c'était toujours bien mieux ?

Il dit "plus de garçon et de fille", mais c'est là la vision de ceux qui n'ont pas cherché à regardé plus loin : les garçons et les filles existent et existeront toujours, c'est juste que les choses sont plus complexes. Qu'il existe des intersexués, qu'il existe des genres, d'une grande richesse, d'une grande complexité. Au final, on peut se dire que face à toute cette richesse de possibles, c'est le "tu as un pénis donc tu es nécessairement et seulement un garçon" et le "tu as un vagin donc tu es nécessairement et seulement une fille" qui parrait bien vide... Deux possibilités uniquement, monolithiques, face à une infinité de possible. L'idée n'est pas de dire que les hommes et les femmes cisgenres sont vide, non, mais qu'un monde ou l'on ne voit que ça est assez vide face à tous ce qui est possible en vérité.

Il dit "démission du père", mais les modèles masculins sont loins de disparaitre dans un monde plus égalitaires. Ce seront juste des modèles ayant plus de différences les uns des autres. Rien n'empêche que la mère travaille et le père reste à la maison, je vous assure que cela ne castre pas les petits garçons. Encore une fois, la perte de majorité et d'unicité d'un modèle (qui n'était d'ailleurs pas unique, juste l'unique reconnu comme valide et valable) ne produit pas du vide, mais au contraire de la richesse. La richesse des expériences et des différentes possibilités.

Si on peut dire que les rêves fournient par le capitalisme sont loin d'être enrichissant sur de nombreux points, l'idée que les rêves "d'être sportif", de célébrité, de richesse ou de violance sont nouveau est une grosse erreur. On retrouve ce genre de rêve depuis bien des années, et c'est un phénomène ancien. Pourquoi ? Parce que la richesse attire. C'est le rêve d'avoir une vie facile, d'avoir ce qu'on veut. Et le fait de poser ses modèles face à ceux de la génération actuelle, d'autres ont fait ça avec le rock, le punk, etc.

D'autant plus qu'avant, nous avions les communistes, les anar, les hippy, etc. pour être les causes de la délinquence, de la perte du niveau des jeunes, etc. Bref, les années 50~60 fantasmées d'Onfray ne sont qu'un fantasme, bien loin de la réalité d'une grande partie des français.

D'autant plus que ces rêves, de devenir sportif, présentateur télé, etc. sont des rêves (certes très difficile d'accès), qui permettent de s'intégrer à la société. Un présentateur télé célèbre et apprécié n'a pas vraiment intéret à tout plaquer pour tomber dans le "radicalisme religieux". La misère est en très grande partie l'une des causes du fait qu'ils sont capable de passer à l'acte. Le taux de chomage très elevé, dans un monde ou l'emploi est l'alpha et l'oméga.

On pourrait se poser aussi d'autres questions, sur le fait notemment quel sont les effets de la glorification de la violence et de la guerre dans notre civilisation et notre culture (le héros étant souvent "héros-guerrier", par exemple. Et ce aussi dans toute la culture des "élites", hein ;-)). Des questions ne servant pas forcément à dire "alala les jeux violents" ou "alala la culture débile des jeunes". Non, plus se poser des questions sur nos représentations culturelles. Pourquoi est-on près à défendre un policier qui abbat un jeune noir, en inventant une légitime défense parfois délirante ? Ne voit-on d'ailleurs pas aussi des blancs bien "franco-français" appeller au meurtre des minorités, à dire "moi je sors mon fusil" ? Essayer de regarder comment la représentation de la violence agit, mais sans sombrer dans la volonté de tout interdire ou censurer comme le réclament parfois certains organismes ?

Connaître également les principes de déshumanisations de l'autre, des modèles selon lesquels il devient correct de tuer l'autre. Par là, comprendre comment la propagande djihadiste réussir à utiliser ces modèles et ces schèmes pour amener des gens à vouloir commettre des massacres ? Parce que le schème il existe déjà, le besoin de voir celui qui est "inhumain" mourrir. Les appels aux massacres n'existent pas que dans l'état islamistes. Tout les terroristes ne sont pas musulmans, ni jeunes. Loin de là.

Mais ce n'est pas tout. Il ne faut pas oublier le problème important : L'état islamiste, commence toujours par réutiliser des critiques valables contre l'occident. Notre interventionnisme pour des raisons économiques, masquées en raisons éthiques, l'exemple souvent utilisé étant la guerre en Irak, faite sous le prétexte d'armes de destruction massive qui n'ont jamais été trouvée. Mais aussi l'islamophobie, le racisme de notre état. L'interdiction du voile, ou on dit vouloir lutter contre des injonctions sexistes de la famille, pour mettre des injonctions de l'état. La laïcité qui est vidée de son sens au point ou ceux qui veulent inscrire dans la constitution les "racines chrétiennes" déclarent la défendre. Il existe de quoi susciter un sentiment d'injustice chez les citoyens français musulmans, et les partisans de l'EI l'ont bien compris, et n'hésitent pas à s'en servir. Le climat de racisme ambiant aide aussi bien. Lutter efficacement contre ça, plutot que d'imiter de plus en plus le FN serait alors une bonne idée.

Ce n'est qu'avec tout ça qu'on pourra agir sur le terrain, et plus efficacement qu'avec la "prévention" inefficace de l'état.

Ah, et je note pour finir son "depuis la gauche". Ça date donc du Front Populaire ? Des premiers regroupement républicain ? Parce que non, je rappelle, à l'époque c'était la république qui allait déstabiliser la société et détruire tout les repères (et c'était la gauche et le centre de l'époque, puisque la droite c'était plus les royalistes). Donc je demande. De nombreux éléments fondateurs de notre république ont été fondée par une "gauche" républicaine :p

Au cas où Michel Onfray aurait besoin de quelques cours d'histoires.

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Quelques considérations sur l'euthanasie, l'IVG et les « pro-vie »

Rédigé par Kazhnuz -

Les « pro-vie » ont défilé.

Il y a beaucoup de chose à dire sur cela... Je vais commencer par parler de l'IVG, puisque c'est le « plus simple » (non pas qu'il n'y ait pas de remises en cause de ce droit, puisque évidemment les « pro-vie » sont justement celleux qui remettent en cause ce droit, mais c'est le plus simple dans le sens ou la loi est déjà là, et aussi on a des arguments très fort). Tout d'abord, rappellons le, le concept de "tuer" n'a de valeur morale dans notre société que face à des êtres qui sont déjà sentant (certains utiliseront la "conscience" pour restreindre cela aux êtres humains). On ne parle pas du meurtre d'une fleur, ou d'un arbre, parce que ces êtres n'ont pas de système nerveux comme celui des animaux. Je dis ça pour rappeler le premier principe : l'être en gestation ne commence à ressentir qu'à partir d'un certain point de la grossesse, tout simplement. Il ne devient un bébé qu'à un certain point. C'est un processus, et non « pouf le spermatozoïde à rencontré l'ovule, un bébé apparaît et grossis ensuite jusqu'à être assez gros pour vivre hors de l'environnement du placenta ». On interrompt donc le processus de création, on ne tue pas. Et c'est extrêmement différent. D'ailleurs, sur ce point là, je rappelle que la loi encadre jusqu'à quand on peut avorter, justement pour ces raisons.

Ensuite, je pourrais rappeler ensuite les conséquences d'une loi anti-avortement. Rappelons tout d'abord que les avortement clandestin étaient souvent très dangereux, voir mortel. Les femmes risquaient d'y passer, je vous passe les détails, à part que c'était sanglant. Et rappelons qu'avoir un enfant, c'est une grosse charge. Si une femme (ou un homme transgenre) veut avorter, ce n'est pas sans raisons, et mieux vaut cesser une potentialité d’existence que de créer une vie qui sera malheureuse, et en plus d'en rendre malheureuse une autre, sans oublier qu'il y a également des cas ou c'est pour des raisons de santé que l'avortement est choisit.

Je passe maintenant à l'euthanasie... Ici, je vais noter qu'encore une fois, on choisit le mot « tuer », et ce n'est pas sans raisons. En effet, le but est de faire une sorte de mythe, ou l'euthanasie ce serait le médecin et/ou des proches qui décideraient « bon là ellui on en veux pas, iel est trop relou⋅e avec sa maladie, tuons le/la. », pour faire apparaître le soin palliatif comme le soin du médecin qui envers et contre tous est près à sauver la vie et protéger cette personne... Bon, maintenant on debunk : il faut se rappeler que les soin palliatif n'ont pas pour but de guérir, mais pour aider un patient atteint d'une maladie grave incurable et/ou en phase terminale. Et que la personne peut aussi vouloir en finir, parce qu'iel souffre trop. Et le but de l'euthanasie, c'est l'idée de laisser aussi ce droit, celui de mourir « dans la dignité ». Et c'est ça qu'est important, ici ce qui compte c'est la situation concrète : Une personne souffre, ne pourra pas guérir, et on lui laisse le droit de mourir comme iel souhaite, avant que ça empire.

Le but de l'euthanasie n'est pas de remplacer les soins palliatifs : Si une personne est indécise, il faut lui laisser le temps de faire son choix iel-même et doit pouvoir bénéficier des soins pendant ce temps-là, c'est évident. Idem si la personne ne veux pas mourir. Le but n'est pas de « tuer », mais « d'autoriser de mourir », et d'aider la personne à mourir comme iel à choisi. Évidemment, un droit à l'euthanasie doit prévoir une surveillance des tentatives d'en abuser qui peuvent exister (c'est pour ça que ça doit être une procédure qui n'est pas contraignante pour le patient, mais qui le/la traite comme une personne responsable tout en s'assurant des risques qui existent toujours). Bref, c'est pourquoi le mot "accompagner" est important ici.

Bref, dans les deux cas, je vais en venir à une nouvelle chose que je reproche aux pro-vie (outre donc toutes les conséquences de cette vision, que je reproche aussi, mais dont j'ai déjà parlé plus haut) : Au nom d'une vision abstraite d'un concept, à savoir « la vie », iels veulent des situations qui vont avoir pour conséquences de provoquer des souffrances dans les vies concrète, les « vie de la vrai vie », si je puis me permettre. Ce n'est plus les vies des personnes, les vies réelle de celleux qui existent dans ce monde qui compte, c'est à dire les événements qu'iels vivent, leur peines, leurs souffrances, leurs joies et leur peur, qui comptent, mais la Vie, abstraite, avec un « V » majuscule, une vie qu'on ne voit pas vraiment, et une vision de ce concept que tous n'ont pas (tous ne voient pas la vie comme une entité abstraite ayant des teneurs souvent divines/métaphysiques/religieuses). Il y a de plus une infantilisation dans les deux cas des personnes concernés, une infantilisation qui vise en premier lieu les femmes dans le cas de l'anti-IVG (même si du coup les hommes trans sont concerné par les conséquences, mais ce que je veux dire c'est qu'ils ne sont pas visés en tant qu'hommes trans par les anti-IVG (qui souvent d'ailleurs ne les considèrent même pas comme des hommes...), et les patients atteint de maladie grave pour le second cas.)

Et quant aux « dérives possible », je terminerait par dire qu'une bonne loi n'est pas une loi qui contre un risque de dérive interdit une chose juste, une bonne loi est justement une loi qui réfléchit les risques de dérives et permet à des moyens de protéger les personnes des dérives.

( Now, unleash the trolls ? )

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